Là où l'âme de la Double Monarchie ne meurt jamais

Avis sur La Crypte des capucins

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S'il y a bien un pays et ses splendeurs qui me rappellent le plus fortement mon siècle préféré (le XIXe, s'il faut le dire), c'est probablement l'Autriche-Hongrie : le pays de la dynastie musicale Strauss, des ors de Klimt, peintre de la Sécession ; les murs blancs de Hofburg et plus, encore, ceux peints dans le jaune si caractéristique de Schönbrunn ; les Rives du Danube. Il faut dire aussi qu'étant apprentie historienne XIXèmiste et spécialiste entre autres des pays germaniques, je me sens un peu chez moi dès qu'on touche à ses sujets. Autrement, par une coïncidence tout à fait appropriée, je crois être tombée sur ce roman et l'avoir dévoré à mon retour de l'Ex-Double Monarchie, pas loin de "La Pitié dangereuse" , œuvre testamentaire d'un autre maître de Vienne fin de Siècle et du Finis Austriae (Stefan Zweig), et d'une biographie de la plus inclassable des Impératrices d'Autriche. En tout état de cause, longtemps après la très belle "Marche de Radetzky" (titre faisant allusion à l'œuvre de Johann Strauss I, naturellement) , du même auteur, que j'ai découvert quelques années plutôt.

En ce qui concerne plus directement, cette "Crypte des Capucins", à lire indépendamment pour le superbe, puissant et émouvant tableau du déclin de la Double Monarchie austro-hongroise ou aussi potentiellement comme une suite de la dite "Marche de Radetzky" puisque reprenant la même mais quelques générations plus tard : entre le déclenchement de la Première Guerre qui sera fatale à la Double Monarchie et jusqu'aux jours encore plus sombres de l'Anschluss de 1938, dont l'écriture est sinistrement contemporaine. Au delà de la traditionnelle saga familiale qui s'achève dans le déclin, voyage pour un lieu unique et emblématique de ma si chère Vienne pour finir ce magnifique hommage à la Monarchie européenne et multiculturelle par excellence, celui où son âme ne meurt jamais : la crypte des Capucins, depuis le XVIIe siècle, nécropole de la dynastie des Habsburg. Et, encore plus symboliquement : quand les Nazis entrent dans Vienne l'Eternelle , l'Impériale, servira de refuge au dernier Von Trotta (dont la famille fut anoblie par l'inamovible empereur Franz-Josef après la bataille de Solférino), la crypte du couple impérial austro-hongrois.

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