La semence d'acharnement par sang , par amour et par haine

Avis sur La Terre

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Ce long roman de Zola est un triptyque de la fecondation qui mene un village d' Eure et Loir dans le parcours d'une (re)connaissance difficile et obstinee vers leur propre tombeau, celui de silence.

Le livre commence par la sceine de la fecondation de la terre , et une rencontre entre les deux protagonistes, Francoise Fouan, fille du village et Jean Macquart, etranger , ancien soldat et menusier-charpenter de metier, homme de ville homme nomade, libre et disponible, qui pressentit un monde futur , monde de mouvance, un monde nouveau, a la difference de la vie sedentaire, repliee sur elle-meme

C'est un roman a l'ombre mythique de la terre-mere, de cette Gaya qui donne la vie a ses enfants et qui les laisse se dechirer eux-memes face a la maledictions de la race, celle des emotions fortes dues a la survie, celle de la haine et de l'amour, de l a cupidite et le desir d'avoir plus que son du, toujours sur leur faim quitte a un meurtre fratricide , quitte au meurtre du pere. C'est un roman sombre le plus sombre de tout le Rougon-Macquart , avec Germinal et Assomoir a ses cotes , mais poetique aux images fort litteraires et symboliques. Le cote naturaliste va de pair avec l'ecriture poetique qui renvoie au mythe des origines sur la terre , une terre riche et opulente mais epuisee par le travail acharne et sans mesure et aussi par betise, par negligence , par ignorance et aveuglement et la crasse stupidite, telle bete acharnee.

Tout ce produit cyclique du temps passe par la terre fecondee , aimee, crainte et detestee dans le souci constant de ne pas se perdre dans l'effacement et dans l'gnorance Car c'est la mort et l'oubli. Et on se refugie en silence , silence tetu et dur qui est l'heritage familial de ce village de Beauce, tel trait de la mare sombre qui couve le chagrin seculaire de la plaine epuisee comme la race qui s'epuise dans l'usure de vivre.

Sombre roman poetique ou il n'y a pas d'amour sauf ce desir sauvage et bete, infirme d'un accouplement du frere et de la soeur pour s'aneantir dans la honte, dans le silence et dans la mort.

Sublime dans son horreur, dur recit mais poetique. Je prefere Zola aux freres Goncourt et a leur roman Germinie Lacerteux qui est peut-etre un roman-document tandis que La Terre est un roman symbolique, une personnification de la Vie et son retour, telle la vie et la mort , sur le temps cyclique et le temps quotidien et sur l'impossibilite de communiquer son amour, son secret , le mobile secret de son coeur. On est bien les enfants de cette Terre, cette Gaya qui nous a mis au monde avec tous les secrets inconnus de nous et a laquelle on revient sans doute. Car tous les evenements exterieurs se produisent comme un reflet, un echo lointain , de guerres, de vagabondages, de quetes , tout ca n'a pas d'importance dans ce roman pessimiste de condition humaine. C'est le mythe de l'eternel retour

J'ai aime Zola. Je m' rejouis de sa poesie et de ses images de la terre aimee a la folie, qu'on aime une mere distante a qui ses enfants vouent un culte en ne voulant pas partager son amour avec ses freres et ses soeurs
Beau roman malgre les dures scenes de violence qui m'ont fait detourner les yeux d'horreur
Cote oxymore de la vie sur la terre

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