« La nuit sans fin » de Thierry Horguelin

Avis sur La nuit sans fin

Avatar Jean-Sébastien Funck
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« La nuit sans fin » de Thierry Horguelin

Thierry Horguelin est né à Montréal. Cependant, il vit en Belgique. Il a été libraire. Ensuite, il est devenu critique littéraire ainsi que de cinéma, et ce, pour un certain nombre de journaux et de périodiques. Que ce soit des articles pour le Québec, la France ou la Belgique ; Thierry Horguelin est donc un auteur qui a réussi à se faire une place sur la marché international. Actuellement, il travaille dans le domaine de l’édition. Il est également auteur de recueils de nouvelles et de proses courtes comme : le Voyageur de la nuit, la Nuit sans fin, Choses vues et Alphabétiques. De plus, il a été coscénariste du film la Part de l’ombre réalisé par Olivier Smolders.
Le livre que nous allons commenter ici est intitulé « La nuit sans fin ». Il se compose de 7 histoires n’ayant en commun qu’une bonne dose d’étrange, un décalage par rapport à la réalité. Ces histoires font voyager le lecteur dans des univers complétements indépendants les uns des autres, très mystérieux et abordant chacun à sa manière le thème de l’emprisonnement (temporel, spatial, onirique, sensoriel, etc).
• Dans la première nouvelle intitulée « Le contretemps », il s’agit d’un minuscule contretemps qui, dans le déroulement de la nouvelle, changera le destin d’environ douze personnes… Nous nous rendons compte dans cette nouvelle de l’importance des instants et, surtout, du fait qu’une histoire peut basculer en quelques secondes…

• Dans la deuxième nouvelle, intitulée « Le grand transparent », il est question d’un bibliophile qui fait la collection de livres transparents… Encore une idée originale qui dématérialise l’habituel support que nous utilisons pour nous détendre à savoir le livre en tant qu’objet ! Nous prenons donc l’importance du visuel dans l’activité qu’est la lecture ! Nous nous rapprochons de cette manière de la conception de la communication qu’ont les aveugles pour qui le toucher est extrêmement important et pour qui le visuel est carrément inaccessible !

• Quant à « La nuit sans fin », elle nous fait vivre l’abîme d’une réalité cauchemardesque par rapport à laquelle nous nous interrogeons afin de savoir s’il y a moyen d’en échapper. Dans cette nouvelle, il est difficile de cerner la différence entre ce qui relève du mauvais rêve et ce qui relève du vécu du protagoniste. Quand vit-il ? Quand rêve-t-il ? A plusieurs reprises le thème du sommeil est abordé pour nous interroger sur ce que nous appelons réalité !

• Après « La nuit sans fin », nous avons la nouvelle « Le trou du souffleur » qui parle d’un souffleur de théâtre qui devient le prisonnier d’un labyrinthe sous-terrain. Ce labyrinthe a une volonté qui lui est propre et a le pouvoir de se transformer en fonction de son humeur et en rapport avec les agissements du souffleur. Nous découvrons ici un espace presque organique, capable de se modifier selon que la pièce de théâtre se déroule normalement ou que le souffleur l’ait transformée. Ainsi, une histoire bien racontée sur les planches de théâtre aura l’étrange capacité de tourner les évènements à l’avantage du souffleur alors que l’inverse lui revient comme un boomerang prêt à lui infliger les pires affres. La question qui nous taraude de cette manière est de savoir comment le souffleur va se sortir de cette réalité, où il peut, à l’image d’un sado-maso, s’infliger du tort en perturbant la scène de théâtre comme de la bienveillance en permettant à la pièce de théâtre de s’accomplir de façon harmonieuse ! Une prison dont il est le potentiel détenteur de sa clé de sortie mais arrivera-t-il à marcher dans la bonne direction ? Quelle tendance gagnera au travers de ses actes ? Le sadomasochisme ou la bienveillance ? A vous de le découvrir dans cette nouvelle pleine de rebondissements !

• Ensuite, nous avons « L’affaire Dieltens » dans laquelle nous découvrons des tableaux contenant certains mystères. En effet, la question de savoir où se trouve le vrai est au centre du jeu narratif puisque le faux et l’authentique se répondent et se mélangent comme dans un dialogue tacite. Nous sommes donc face à un peintre qui a voulu laisser derrière lui une bonne dose d’interrogation quant à ses œuvres… Serez-vous capable de percevoir au-delà des apparences la réalité ?

• Par après, nous avons « L’homme à l’anorak jaune ». Cette nouvelle nous propose de s’attarder sur un détail : un homme habillé d’un anorak jaune. Pourquoi avoir une nouvelle consacrée à un élément secondaire d’une histoire ? Quelle est la raison d’exister de cet homme errant ? Quelle est la raison pour laquelle l’auteur accorde-t-il autant d’importance à un personnage qui a toutes les caractéristiques d’un acteur de second plan ? Que seraient les histoires sans les décors et les détails ? Autant de questions qui nous viennent à l’esprit en lisant ces lignes de Thierry Horguelin !

• Enfin, « L’ennemi » est la nouvelle qui vient achever le recueil sur une touche ironique… Dans cette nouvelle l’effet de surprise est incroyablement développé ! Accrochez-vous car vous allez en faire du voyage le temps de quelques instants !

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