Un livre comme on n'en fait plus...
Ce livre est la source de la plus longue frustration de ma vie : quand j'étais petite, je l'avais emprunté à la bibliothèque municipale et adoré. Du coup, quelques temps plus tard, j'ai voulu le réemprunter pour le relire. Et là, le drame : le livre, trop vieux, avait été retiré des rayons. Mes parents ont fait le tour de toutes les bibliothèques de la ville, mais impossible de le retrouver. Il n'a jamais été réédité et ne se trouve plus nulle part.
Et puis l'année dernière, pour mon anniversaire, mes parents et mon compagnon ont réussi à dénicher un exemplaire d'occasion (plutôt bien conservé en plus). Après plus de 20 ans d'attente et de frustration, j'avais à nouveau Le Château des Loups entre les mains. C'est l'instant critique où l'on se demande si on n'a pas idéalisé l'œuvre durant toutes ces années d'attente, où l'on hésite à l'ouvrir de peur d'être déçu.
Mais Le Château des Loups tient ses promesses : les illustrations sont magnifiques (mention spéciale à la page où le loup malmené imagine ses tourmenteurs) et la prose délectable. C'est un livre pour enfants à l'ancienne, datant d'une époque où l'auteur ne s'abaissait pas au niveau de son lectorat mais cherchait au contraire à l'élever vers lui. Ici, point de passé composé ou de tournures syntaxiques au rabais, mais du passé simple, du subjonctif imparfait (oui, m'sieurs dames, du subjonctif imparfait dans un livre pour enfants !) et des tournures archaïques, comme le fameux "me laisserias pas sègre ?"
Le Château des Loups, ou tout ce que les livres pour enfants ne sont plus.