Le rêve Botticelli n’est pas vraiment une biographie de l’artiste ni un livre d’histoire. Sophie Chauveau a eu l’ambition qu’il soit les deux et c’est peut être un exercice très délicat.Au final, son récit est plutôt une mise en perspective de la vie de Botticelli avec la société florentine du quinzième siècle et l’œuvre picturale du peintre plutôt entrevue sous un éventail de circonstances plutôt que sur un angle purement esthétique. J’ai aimé découvrir la personnalité de Botticelli ( plutôt misanthrope, sensible et passionnée), ses rapports avec De Vinci et Michel-Ange ( même si certains passages sont assez évasifs) mais surtout la relation contrastée qu’il a eue avec Sandra ( sa filleule et sa muse), qu’on retrouve dans ses tableaux les plus renommés. D’un autre côté, le contexte historique de la ville de Florence, alternant crises politiques avec la famille de Médicis, insurrections populaires et même un autodafé ( organisé par le moine Savonarole pour purger les Florentins de leurs péchés), est assez lourd. Même si ces événements sont très documentés, la coupe est parfois pleine et le lecteur en retire une forme de nausée au long cours et ce n’est pas vraiment une expérience enrichissante. Pour alimenter ma lecture, j’ai aimé recontempler les tableaux de Botticelli sur le web quand ils étaient abordés par Sophie Chauveau et donc m’attarder sur certains de leurs détails. Cela a été de loin mon plus grand plaisir dans ce livre multiple où Art et Histoire s’entremêlent pas forcément pour le meilleur. Néanmoins, je conseille la lecture de Le rêve Botticelli pour le pluralité de ses points de vue pouvant contenter des lecteurs preneurs d’horizons singuliers.