Vengeance dévorante

Avis sur Le Revenant

Avatar JC Maison
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Au premières pages de ce roman, je ne connaissais ni les Arikaras, ni la Grand River et encore moins Fort Brazeau. Je ne savais d'ailleurs que très vaguement placer Saint-Louis sur la carte des États-Unis, centre de commerce pour la fourrure au premier quart du XIXe siècle. Enfin je m'imaginais les forts comme dans les westerns hollywoodiens des années 50, des fortins proprets, organisés où la cavalerie se tient prête à intervenir.
Hugh Glass fait partie d'une de ses épiques incursions de trappeurs au-delà de la Frontière. Derrière, la civilisation européenne s'installe. Devant, c'est l'inconnu. Les cartes ne sont pas tracées, les cours d'eau sont approximativement connus. Les autochtones peuvent être amis un jour et ennemis le lendemain. Les trappeurs sont organisés en compagnies qui lancent des expéditions de plusieurs mois vers la Frontière. La nature y est rude mais généreuse et grandiose.
L'art narratif de Michael Punke se déploie dans cet univers dépeignant avec vigueur et profondeur le personnage principal, Hugh Glass, qui au détour d'une clairière fait une rencontre quasi mortelle avec une ourse défendant ses petits. Glass est malheureusement abandonné à lui-même. Ces compagnons, apparemment certains de sa mort imminente, le dépouillent de tout et notamment de son fusil et de son couteau qui lui feront tant défaut par la suite. Il en résultera une rage de vengeance dont se nourrit le roman.
On connait le film, le roman est plus juste. L'écriture de Punke est un plaisir et se met au service de cet univers rude.L'auteur sait sublimer les situations, rendant parfaitement les combats internes de son personnage pour tenter de survivre et tirer le meilleur partie de chacune des situations difficiles dans laquelle il va se trouver. La langue est soutenue, le vocabulaire riche. L'art narratif ne fait jamais défaut, si bien que l’œuvre se lit d'une traite.
On prend un réel plaisir à se plonger dans l'univers social des trappeurs. Diverses nationalités se croisent, tant européennes qu'amérindiennes. Le feu de la vengeance peut paraitre légèrement en décalage avec l'esprit accompli dont semble être doté le héros. Mais l’épilogue nous ramène brutalement à la réalité, la justice n'a de sens qu'au sein d'une grande cité. En l'absence de rues pavées, l'être humain revient rapidement a des fondamentaux beaucoup plus expéditifs.

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