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Le XIXe siècle à travers les âges par Chatov

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Un livre assez difficile, exigent, pas tant sur le style, qui réunit clarté et précision, développements
théoriques et divertissement, que sur la longueur de l’effort que constitue sa lecture.
C’est une épreuve d’endurance. Imaginez-vous devoir fixer le soleil le plus longtemps possible : la
caresse de sa chaleur sur votre visage, c’est le style de l’auteur. La douleur, cette sensation qu’on vous perce les yeux, c’est le message du livre... la société actuelle sapée dans ses fondements.... Enfin...société ?... plutôt religion, car l’objet du livre est de dévoiler la religion post-chrétienne de la France (Occident?)... ce syncrétisme, cette jonction du socialisme et de l’occultisme, le culte de l’Unité, de l’Universel (Tout est Un) : unité du genre humain jusque dans la mort, unité de la vie jusque dans la moindre parcelle de végétation. Cette nouvelle religion, ciblant de toute sa rage l’Église. Tous les prétendus acquis de la société contemporaine (ou presque!...), y passent : même la SPA ! C’est une étude à la fois historique, littéraire, et religieuse : l’histoire d’une guerre de religion menée à coups de plume !
Le livre et long, et donne parfois l’impression de se répéter, non dans ses termes, mais dans ses thèmes.
La pensée que tout, parfois, n’était qu’affabulation, m’avait souvent traversé l’esprit. Mais j’ai continué, et achevé. Après tout, n’est-ce pas le lot de toutes les œuvres ambitieuses, transdisciplinaires, celles qui transpercent le corps d’une époque pour en saisir l’essence?Si le lecteur n’adhère pas à la vision de l’auteur, celui-ci lui laisse en revanche entrevoir la possibilité d’un autre paradigme, lu livre les clés d’une interprétation nouvelle du monde contemporain.
Une invitation à relire certaines œuvres, au moins avec le regard nouveau fourni par l’auteur. Malgré tout, cette lecture aura durablement amoindri mon envie d’en relire d’autres, comme Hugo. Dommage, d’ailleurs, à ce propos, de ne pas trouver un petit passage sur le chapitre que Hugo consacre, dans les Misérables, à l’éloge de l’immondice humaine... il y a une piste à creuser : le rapport de la dixneuviémeté à la merde.

J’ajoute ces quelques lignes après plusieurs semaines. J’ai été dubitatif. L’impact de ce livre sur ma vision du monde a été fondamentale. Je ne peux plus analyser les idées, œuvres, sans avoir en tête les clés offertes par cet ouvrage. Il est indispensable.
Je lisais il y a peu le dernier ouvrage de Jean-Louis Harouel (Libres réflexions sur la peine de mort) , et les deux auteurs me semblent avoir mis le doigt sur quelque chose d’incroyable. Je dirais que les deux se complètent, Jean-Louis Harouel étudiant sur le temps long, par une indubitable généalogie, ce que Philippe Muray approfondissait sur une temporalité plus courte, à travers une étude littéraire.

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