L'empire inca a été, et est toujours, à l'origine de nombreux fantasmes. Cet empire qu'on a jugé parfois comme une utopie socialiste, un comble quand on voit le culte de la divinité étendue à ses souverains et la gestion rigoureuse de ses territoires annexés, exitait aussi bien l'imagination que les convoitises en tout genre. Convoitise de l'or, convoitise du pouvoir. L'histoire aux Amériques se répète. Aujourd'hui on prétend parfois encore que le but était de promouvoir une civilisation supérieure(la nôtre, bien sûr). Ces récits sur la colonisation comme un idéal prennent si peu en compte la vérité du terrain qu'il faut de sacrés oeillères pour y accorder foi.
Encore une fois, l'histoire des indiens est celle d'une résilience, de peuples qui n'ont pas renoncé à leurs anciennes croyances, et s'ils adhèrent souvent à la religion catholique, ce catholicisme se retrouve fortement mêlé de paganisme. Les pouvoirs en place, aujourd'hui encore, font tout pour briser l'âme indienne, considérées comme des populations pauvres par manque d'esprit industrieux, ce que contribue la légende de l'empire inca par ailleurs. Si ces populations sont si pauvres aujourd'hui, c'est que le pillage de leurs biens a été accompli méthodiquement, avec l'aide de lois allant en ce sens, ou qui étaient si maladroitement pensées que le résultat aura été le même.
L'empire inca continue à fasciner, au point que le XXème siècle a continué à brandir le spectre d'une résurrection de l'empire inca comme gloire nationale, et que des groupes n'ayant pas à l'origine fait partie de cet empire s'en réclament malgré tout.
Le livre d'Alfred Métraux, pour être court, n'en est pas moins une somme d'informations concernant l'histoire, les coutumes, la religion, la gestion de l'empire, et bien sûr la conquête par les espagnols.
Une lecture qui forme une introduction bienvenue à cette culture, que le grand public connaît principalement à travers les aventures de Tintin, et le fameux temple du soleil.