Le livre le plus dangereux du XX(I)ème siècle.

Avis sur Mein Kampf - Mon combat

Avatar Paul Staes
Critique publiée par le

L'antisémitisme est un sujet que tout citoyen connaît très mal, ou tout du moins ne comprend pas. De manière générale, les idéologies racialistes sont très difficiles à se représenter pour nous autres les citoyens des démocraties libérales. Pour le comprendre, rien de tel que d'aller puiser à la source même de ces considérations, à savoir Mein Kampf d'Adolf Hitler, qui reste dans l'imaginaire collectif comme l'antisémite le plus tristement célèbre de notre planète. La lecture de cet interminable recueil d'immondices m'a été particulièrement insupportable à deux égards : d'abord parce que ces pages m'inspiraient le profond dégoût, et aussi parce qu'elles m'ont surprises. L'éducation nous représente le nazisme, le fascisme et Hitler de façon assez distanciée, portant parfois à la caricature, tournant en ridicule souvent les sources philosophiques et littéraires de ces courants là. Là est l'erreur magistrale de nos élites. Quoiqu'il en soit, ce livre ne mérite pas d'être noté, d'être cité ou d'être analysé du point de vue du style. Pourtant, il réclame amplement son étude, sa décomposition et presque son autopsie (en espérant qu'il ne reste jamais qu'un cadavre). Pour cela, il faut répondre à toute une série de questions : faut-il interdire ce livre ? Quelle est la conception nazie du monde ? Comment le nazisme s'inscrit-il dans une Histoire et y puise-t-il ses racines ? Qu'en est-il de l'antisémitisme nazi ? Que nous dit ce livre de la psychologie ou tout du moins des ambitions de son auteur ? Pourquoi le nazisme porte déjà en ce livre les stigmates de son échec ? Un Etat nazi est-il encore possible de nos jours ?

Faut-il interdire Mein Kampf ?

Auparavant, n'ayant pas lu le livre en question, ma réponse était sans appel, catégorique et idéologique. Le livre, étant un outil historique, ne pouvait être interdit car, voyons, au nom de quoi des élites auto-proclamées pourraient-elles interdire un livre sous prétexte qu'il est porteur d'une idéologie plus que subversive ? Les citoyens ne sont-ils pas capables de voir à la lecture d'un essai les horreurs décrites et l'insanité de l'idéologie nazie ? Pourtant, après l'avoir lu, ma réponse n'est plus aussi franche. Le livre n'est pas un vulgaire tissu d’imbécillités sans fondement ni un brûlot uniquement et délibérément provocateur. Il a été conçu pour une seule et unique raison : convaincre. Loin de moi l'idée de dire qu'Adolf Hitler est un homme brillant, puisque le livre a été réécrit par l'appareil de la propagande nazie. En revanche, il n'est pas l'hystérique junkie que certains aimeraient nous faire croire qu'il est. Il connaît les ressorts de l'esprit humain et chaque page de ce livre est une véritable arme de destruction massive destinée à briser les murs de la conscience des plus récalcitrants. Le livre peut persuader et d'ailleurs, aux vues de certaines pages, sur le parlementarisme, sur des réflexions d'ordre éducationnelles ou même socio-historiques, il est fort à parier que de nombreuses personnes puissent encore être convaincues, peut-être même une grande majorité d'êtres humains, sur des points bien précis. Les arguments sont tellement martelés, entremêlés et particulièrement disposés à un point tel que toute réfutation rationnelle n'est sinon impossible, tout du moins extrêmement longue et difficile. Il n'est pas un scoop que les nazis ont su mettre en place une propagande et un endoctrinement dans leur pays, et ce livre fait partie intégrante de cette mission. Le livre, diffusé à des fins malveillantes et de manière massive, pourrait participer à la résurgence des idées racialistes, qui contrairement à ce que l'on dit beaucoup, sont encore et heureusement enfouies dans les poubelles de l'Histoire. Une idéologie n'est jamais morte. Elle peut ressusciter à chaque instant et vit, surtout dans nos sociétés platoniciennes, indépendamment des hommes qui l'ont porté, quelque soit l'époque ou le lieu. Le livre doit être disponible sur commande et à des fins d'étude, académique ou spontanée. La vigilance est cependant de mise et il ne serait pas raisonnable d'accepter une vente à grande échelle, en grande surface ou dans toutes les librairies, surtout les plus passantes.

Quelle est la conception du monde nazie ?

Je pourrais renvoyer en partie aux travaux de Michel Onfray, qui explique avec talent à quel point les idéologies de notre civilisation sont calquées sur un modèle platonicien, dans lequel les idées sont détachées des hommes et dans lequel l'idéal est détachée de la réalité concrète et complexe du cosmos et de la construction multidimensionnelle de l'Homme. Cette typologie se retrouve d'abord dans la religion chrétienne, et la parousie se trouve également déclinée dans le libéralisme, le stalinisme et particulièrement dans le nazisme. Tout d'abord, le nazisme est un fascisme en ce sens qu'il se présente non pas seulement comme un mode alternatif de gouvernement mais réellement comme une vision du cosmos différente. Le monde fasciste ne se voit pas avec les yeux de notre monde, mais à travers un prisme radicalement différent. Point d'Etat de droit ou d'individus, il n'y a pas de citoyens mais des sujets, des masses aux volontés propres et toutes ensembles constituant un Etat puissant, gouvernant la société avec des conceptions romantiques et idéalisées de cellules traditionnelles (famille, Eglise, armée), chapeauté par un Chef (un Führer, un Duce) dans le but de fonder un homme nouveau, une nouvelle société non-figée par les sources juridiques ou les droits de l'Homme. L'Homme n'est plus une individualité mais une part d'un collectif. L'Etat fasciste se veut une émanation de la volonté et non de l'être. Il combat et se déploie comme une pieuvre infinie, et comme un aigle aux volontés prédatrices. Aucune opposition ne peut être tolérée ou tolérable. L'Etat utilise des moyens ultra-puissants pour entourer et étouffer toute pensée qui serait contraire à la raison de la nouvelle société qui voudrait être construire.

Mais le nazisme n'est pas LE fascisme. Et à la lecture de ce livre, il est aisé de se rendre compte de la particularité de la conception allemande du fascisme. Hitler n'est pas Mussolini, il est des milliers de fois pire. Adolf Hitler a une vision biologique, scientiste et racialiste du monde. Il n'y a pas d'individus, il n'y a pas de classes sociales, il n'y a pas de corps particuliers et collectifs : il n'y aurait que des races. La race a une existence propre, c'est une idée qui transcende la réalité. Un homme n'est pas unique, il est le porteur biologique de la volonté et de la raison d'être de sa propre race. Ainsi, un Aryen ne peut pas échapper à sa condition de race supérieure. Hitler ne s'embarrasse pas de la complexité et opère à un hyper-essentialisme du monde. Si un homme a peut être des qualités qui lui sont propres, l'appartenance à telle ou telle race les annule ou les confirme, c'est une réalité qui s'impose souverainement à lui. Le sang gouverne. Face à cette vision du monde coulent alors toutes les doxas que sont les droits de l'Homme, le pacifisme ou le parlementarisme. Tout individu fragile qui participe à corrompre le devenir de la race Aryenne considérée gratuitement comme supérieure (les handicapés, les métisses, les inadaptés) va par sa reproduction empoisonner le sang allemand, il doit non pas être aidé mais être éliminé. Toute l'activité de l'Etat nazi doit être destinée à renforcer la création d'une race saine et pure et de lui assurer un espace vital, qui s'oppose à la colonisation anglaise ou française. L'Aryen est un soldat, presque esthétiquement conçu, il doit être musclé et moyennement intelligent, spécialisé dans le domaine culturel de son choix. Il doit être complètement soumis à la raison d'Etat et être violent. D'après Hitler, l'Homme n'a pas à échapper aux lois physiques des astres et de la nature : la Loi du plus fort. Tout subterfuge qui viendrait tenter de l'adoucir n'est pas valable. Ainsi point de protection pour les faibles ou des pacifistes. La vision du monde nazie est une folie pure, aux antagonismes de notre monde.

Comment le nazisme s'inscrit-il dans l'Histoire ?

La raison de l'ultra violence et de l'ultra efficacité du livre se résume à une seule chose, inlassablement répétée par Hitler : la Première Guerre Mondiale. Il convient de ne pas oublier que le nazisme est avant tout défendu par des anciens combattants et qu'il se nourrit de l’événement majeur qu'a été cette guerre affreuse et atroce pour perpétuer une haine et une violence qui sont nées à ce moment précis de l'Histoire. L'auteur indigne du livre le dit lui-même, il a choisi de se lancer en politique après avoir été blessé dans les tranchées. Il est très probable que le nazisme n'aurait jamais existé sans cette infâme guerre. Bien sûr, le nazisme est un mélange du projet pangermaniste, d'un dévoiement de l'idée d'un Saint-Empire fondé sur la race, de chrétienté et tire certaines inspirations de Bismarck. Pourtant, ce ne semble pas être cela qui est déterminant dans l'accroissement exponentiel du mouvement nazi. En fait, le "coup de couteau" dans le dos qui aurait amené l'Allemagne à la défaite serait réellement la date de naissance du nazisme. D'après l'esprit malade de l'auteur, ce seraient les Juifs, les marxistes et des bourgeois paresseux qui auraient mené une propagande délibérément plus faibles que les membres de l'Entente, qui auraient renversé le Kaiser et signé le Traité de Versailles, manipulés par le complot juif et leur propre lâcheté. Cette signature du Traité, Hitler ne la pardonnera jamais. Il dénonce une politique d'alliances insensée avec un "faux Etat" que serait l'Autriche-Hongrie. Il préconise d'ailleurs une alliance avec l'Angleterre et l'Italie pour défaire la France et devenir ainsi la seule et unique puissance continentale de l'Europe. Il pointe du doigt l'incompétence et la trahison des révolutionnaires qui ont mis en place une République faible et vouée à l'échec selon lui. Weimar représente politiquement tout ce qui symbolise pour lui la déchéance de la race aryenne au profit des intérêts juifs, cosmopolites, capitalistes et marxistes. De plus, il reproche à cette République de vouloir défaire l'oeuvre de Bismarck en fracturant et fédéralisant de nouveau l'Allemagne qu'il considère devoir être raciale, n'acceptant pas que la race allemande se retrouve séparée dans une multitude d'Etats différents. D'ailleurs, dans la première partie du livre, il s'obstine à démonter ce qu'il estime être l'arnaque de l'Autriche-Hongrie ayant comme volonté de mettre en minorité les intérêts allemands au profit des Slaves. Quant à la Russie, il la méprisait du temps des Tsars, trop fascinés par les Français et la méprise d'autant plus après la révolution marxiste, symptôme selon lui de la fin des élites germaniques russes et de la chute d'une Nation n'ayant rien compris à la "modernité". Quoiqu'il en soit, et en vertu de tous ces éléments, c'est cette haine et cette volonté de revanche qui fondent le nazisme. Certains événements, comme l'occupation française et belge dans la Ruhr, semble lui donner par ailleurs des ulcères et il est vrai que le Traité de Versailles, réellement un diktat, a joué un rôle dans l'horreur nazie, plongeant les ouvriers dans la misère. Le communisme est selon Hitler une technique juive de subversion de la force vive racialiste aryenne destinée à devoir tuer la puissance allemande au profit de, devinez-quoi, la maçonnerie juive. Sa stratégie a été dès lors de créer un parti qui essaiera de capter les anciens combattants, la force vive ouvrière qu'il admire par sa virilité, les artisans et les propriétaires terriens. Bien que méprisant d'ailleurs la masse, il s'évertue à défendre les intérêts ouvriers dans le seul but de se servir d'eux, parce que plus facilement manipulables par la propagande et surtout extrêmement puissante dans l'optique de la prise de pouvoir. Hitler méprise les bourgeois qu'il estime ennuyeux, flasques et lâches. Leur esprit trop critique et académique est fustigé comme trop instable et douteux. Il ne cherchera dès lors plus à les convaincre.

Qu'en est-il de l'antisémitisme nazi ?

En fait, l'antisémitisme n'est pas la pierre angulaire du nazisme, pourtant il jalonne tout le texte revenant presque obsessionnellement. Hitler raconte comment son antisémitisme est né, poussant l'indécence jusqu'à oser prononcer qu'il avait même une bonne opinion de l'immigration juive dans sa jeunesse. En fait, c'est dans sa formation idéologique que pousse l'horreur antisémite. Il a été formé par une aristocratie de pensée autrichienne catholique et il est vrai que malheureusement l'antisémitisme est avant tout une invention chrétienne. D'ailleurs, Hitler explique que son passage préféré dans la Bible est le moment où Jésus chasse les Juifs du Temple de Jérusalem. De ce fondement spirituel, il racialise la question en estimant que le Juif est le tenant d'une race pure dont l'objectif est de détruire toutes les autres en les métissant et en dirigeant leur appareil d'Etat, soit par le capitalisme international, soit par le marxisme. Autant dire qu'il n'a pas peur de la contradiction. Il raconte dans un jargon et avec des repères historiques plus que douteux comme ces Juifs se seraient alors infiltrés dans l'Etat, par les banques, par le communautarisme, par les ventres de leurs femmes d'ou sortiraient le sang juif, comment ils se sont faits les conseillers des Princes et comment ils les ont renversés. Qu'il existe un peu de vérité dans ces constatations historiques, le soucis principal est qu'Hitler essentialise le Juif à l'extrême. Il résume un homme de culture juive à une race et ne lui tolère aucune autre pensée que celles qu'induit la race juive. Cette haine qui va en augmentant tout le long des deux tomes a de quoi poser question. Il ne faut jamais oublier comme cette haine irrationnelle a mené à la mort injuste et infondée de millions d'hommes et de femmes à travers l'Europe. Adolf Hitler reste le visage malsain de cet antisémitisme insensé.

Que nous dit le livre de la personnalité de son auteur ?

Hitler raconte brièvement son histoire familiale et personnelle. Il ne parle pas de sa vie intime et est même parfois modeste sur son échec à l'école d'art notamment. En fait, il s'épanche très peu sur lui même en se focalisant sur ses dons oratoires, en martelant son talent pour convaincre et pour la politique. Sinon, Hitler ne dit rien de lui. D'ailleurs, il est très probable que beaucoup des pages du livre ont été réécrites par la propagande du NSDAP et qu'il ne reste qu'une petite minorité de pages d'origine. Le culte de la personnalité mis en place autour de lui fait oublier qu'un régime ne repose jamais que sur un seul homme, mais bien sur état-major complet et des fonctionnaires avertis. Il est plus que douteux qu'Hitler, bien qu'indubitablement doué pour la politique et l'art oratoire, notamment dans ses jeunes années, ait gardé toute la maîtrise des événements jusqu'en 1945. La Secte de Tullé, les idéologues antisémites écrivant dans le Volkiger Beobachter, tout ce petit monde a malheureusement permis des recrutements de SS et de nombreux fonctionnaires de talent mis au service de l'horreur. Adolf Hitler n'a pas malheureusement été le seul responsable des crimes commis et tout l'Etat Allemand ne résume pas à un Führer. Les fantasmes qu'inspire la vie d'Hitler montre en réalité la méconnaissance des historiens, des psychologues et des citoyens en général pour sa personnalité réelle, au delà des clichés de ses fascinations wagnériennes et païennes. La réalité est qu'Hitler a été le visage d'une idée et d'une organisation, comme l'a été Staline, Mussolini ou Kim Jong Un. Il permet de cacher la responsabilité d'un nombre énorme d'hommes en portant sur lui la responsabilité de son régime. Les questions restent sans réponse sur ces questions relatifs au culte de la personnalité de cet homme au visage inquiétant et à la prose un peu répétitive. Ce petit fils de fonctionnaires autrichien est devenu unanimement aujourd'hui l'allégorie de l'horreur, à raison mais aussi à tort : car 20% d'électeurs l'ont porté en connaissance de cause. Le mythe de l'homme providentiel n'existe pas, y compris dans les régimes totalitaires.

Pourquoi le nazisme était-il voué à l'échec ?

Cela tient en une réponse simple : une idéologie est détachée de la réalité et méconnaît les mécaniques réelles et complexes d'un monde énigmatique, où la quête de sens nazie ayant amenée à la réponse des races n'a pas permis leur victoire. Hitler offre dans son livre une vision du monde où tout entre dans la bouteille. Quant à la réalité finalement, ce n'était pas vraiment important, et c'est ce qui a détruit le nazisme. Outre ses nombreuses erreurs stratégiques, au nombre desquelles notamment le choix de ne pas attaquer l'Angleterre après l'épisode de la déroute dunkerquoise pour aller supporter les troupes italiennes dans les Balkans, alors que la technique de la Blietzkrieg aurait permis la victoire de l'Allemagne, Hitler a complètement déliré lors des batailles sur le front est. Persuadé que son échec était du aux traîtrises juives, il prend la décision d'ériger les chambres à gaz, alors même que les Juifs, il faut le rappeler, n'avaient aucune responsabilité dans les défaites de l'armée allemande épuisée face à l'Armée Rouge. S'il avait alloué les moyens de la Shoah aux armées allemandes à l'est, il aurait pu espérer tenir jusqu'au printemps. Pourtant, il a préféré sacrifier le front pour détruire une population innocente, mais que son idéologie avait déclaré coupable. Autant d'irrationalité est complexe à comprendre, mais dans le fanatisme délirant qui a atteint son paroxysme en 1943-1944, Hitler a signé son arrêt de mort. Les historiens s'accordent pour dire que si les Nazis avaient été plus rationnels dans leur manière de mener bataille, ils auraient pu la gagner et rendre définitif le Reich Allemand. Mais erreur stratégique par erreur stratégique, sur le fond de délire et d'idéologie extrême, sans aucun souci de réalité, a coulé le régime nazi aussi vite que tout cela l'avait érigé. A des échelles différentes, tous les empires bâtis sur ces fondements fragiles et dématérialisés, hors-sol, ne tiennent jamais et il est légitime de s'en réjouir. Le livre est tellement bâti sur la certitude de la victoire que l'idée même d'un échec a du sembler aux têtes pensantes nazies comme des blasphèmes ou des sacrilèges impossibles. Le régime nazi n'a pas été vaincu, il s'est suicidé, et la balle provenait du canon de l'idéologie. Lire le livre suffit à s'en convaincre.

*Le nazisme est-il toujours possible? *

J'ai bien peur, à la lecture de ce livre et après les nombreuses considérations partagées dans cette critique, que le nazisme est encore possible de nos jours. La force de persuasion de la propagande racialiste, la quête de sens et la rapidité historique de ce micro cosmos dans le cosmos nous poussent à nous rendre compte de l'extrême fragilité de nos mondes. Point que les êtres humains soient par nature des ordures racistes, mais donnez à un homme perdu dans une société sans transcendance comme la nôtre toutes les réponses possibles à des questions auxquelles il est impossible de répondre parce qu'absurdes, et alors outre sa classe sociale ou sa fragilité mentale, il pourra peut être être tenté d'endosser l'idéologie rassurante. Lire Fitzgerald dans les années folles nous permet de nous rendre compte des caractéristiques de la génération perdue qui a pu tomber en partie dans les excès. En Allemagne, ce fut l'excès du nazisme. Aujourd'hui, les jeunes djihadistes s'en allant se battre en Syrie ne sont-ils pas victimes de la même escroquerie idéologique qui consiste à donner à des êtres humains perdus un "sens" dans un monde justement dénué de sens, et qui n'est pas aidé par un ultra-libéralisme violent défendu par des élites inconscientes ? Il est nécessaire de vite offrir aux hommes un monde où la dignité humaine sera défendue, les inégalités résorbées et aussi où ses questions les plus intimes seront comblées tout simplement par la beauté de la cruauté d'un monde où le sens n'a pas lieu de cité, où les arrières-monde sont inexistants et où le désir ne se contente que des fleurs à cueillir dans les jardins soumis aux cycles irrésistibles de la nature.

Quelques faits notables

-Aucune référence dans ce livre à la mythologie nordique, mais bien à la religion catholique et protestante. Hitler chante les louanges du clergé.

-Aucune référence à l'homosexualité, il ne parle que de la syphillisation de la société.

-Hitler a théorisé avant Renaud Camus la théorie du grand remplacement. Il donne les mêmes arguments qu'aujourd'hui.

-Hitler parle peu du sort des femmes.

-Hitler déteste les visions économistes du monde.

-Il ne parle pas de l'art, ou très peu.

Et vous, avez-vous apprécié la critique ?
Critique lue 1355 fois
6 apprécient · 5 n'apprécient pas

Paul Staes a ajouté ce livre à 1 liste Mein Kampf - Mon combat

  • Livres
    Cover Livres lus

    Livres lus

    Sans ordre logique, tous les livres lus, quels qu'ils soient, à n'importe quel moment.

Autres actions de Paul Staes Mein Kampf - Mon combat