Dès les premières pages, très accrocheuses, on se demande dans quel drôle de monde nous entraîne James E. McTeer II. Minnow ressemble à un gamin d’aujourd’hui, mais les paysages et le ton général du récit laissent penser que l’histoire se déroule il y a longtemps, quelque part entre le XIXème et le XXème siècle. Au fond, d’ailleurs, qu’importe. Collé aux basques de ce très chouette gamin qu’est Minnow, on est très vite embarqué dans des aventures palpitantes, au rythme enlevé d’un récit initiatique dans les règles de l’art.


Avec son évocation du sud américain ancestral, Minnow a des airs de roman de Mark Twain, tout en tendant très vite vers le conte, empruntant à ce genre très codifié ses passages obligés : un jeune héros confronté à une perturbation majeure de son équilibre initial, un but à atteindre, des épreuves à affronter, des apprentissages à appliquer pour survivre et rallier son objectif, des adversaires et des personnages auxiliaires qui viennent en aide au héros…


Le mélange des deux genres (roman du sud et conte) donne un très beau récit métis, palpitant, mystérieux, parfois très sombre ; le roman tend vers la violence, celle des hommes répondant à celle de la nature lorsque l’ouragan se déchaîne – passages hallucinants de puissance et de terrible beauté -, mais toujours l’humanité rayonnante de Minnow prend le dessus, inscrivant ce petit bout d’homme formidablement courageux au panthéon des personnages inoubliables.


Il se dégage de ce premier roman très réussi une force d’attraction envoûtante, une magie noire dont les volutes vénéneuses ensorcellent. Une geste littéraire originale, pour ceux que les sentiers rebattus ennuient. Superbe !

ElliottSyndrome
8
Écrit par

Cet utilisateur l'a également ajouté à sa liste Les meilleurs livres de 2016

Créée

le 26 févr. 2020

Critique lue 66 fois

Minnow

Minnow

5

Alcofribas

le 4 mai 2020

Suivre

Entre deux boues

Minnow, dont un pêcheur traduirait le nom par blanchaille, c’est le héros de ce récit, une douzaine d’années à tout casser et pas beaucoup plus de bon sens qu’un Petit Poucet au début de l’histoire...

Un jour ce sera vide

Un jour ce sera vide

6

ElliottSyndrome

le 24 août 2020

Suivre

Du trop-plein pour conjurer le vide

Pour développer ce genre d'histoire, il y a plusieurs moyens. Soit on raconte ses propres souvenirs d'enfance et, à moins d'avoir vécu quelque chose d'absolument exceptionnel qui justifie un...

Broadway

Broadway

6

ElliottSyndrome

le 19 oct. 2020

Suivre

L'esprit d'escalier contre les feux de la rampe

Fabrice Caro romancier est un peu le Mister Hyde du Docteur Jekyll Fabcaro dessinateur. Quand il pose ses crayons pour ne garder que sa plume, le peu d'angoisse existentielle qui traîne dans ses...

Équinoxe

Équinoxe

10

ElliottSyndrome

le 5 févr. 2020

Suivre

Le trac

Après le succès aussi monstrueux qu'inattendu d'Oxygène (18 millions d'exemplaires vendus dans le monde, une bagatelle), il y avait un risque certain de voir Jean-Michel Jarre souffrir du syndrome de...