C’est seulement après avoir regardé le téléfilm franco-belge « Mort d’un berger », réalisé en 2023 par Christian Bonnet et diffusé pour la première fois en France le 23 janvier 2024, que j’ai éprouvé le besoin de lire le roman éponyme écrit par Franz-Olivier Giesbert. Et force est de constater que l’adaptation télévisée est aussi bouleversante et romantique que le récit du livre.
Tel un funambule en équilibre instable sur sa corde, le romancier oscille en permanence entre un style littéraire tantôt libertaire, tantôt puritain, teinté d’une douce et mélodieuse poésie naturelle. L’intrigue policière de la narration ne tient qu’à un fil et se transforme, au fil des pages, en une belle histoire d’amour, sur fond de paysages magnifiques et un peu sauvages, au cœur du Mercantour.
L’auteur a choisi de nous entraîner dans cet environnement champêtre, baigné d’une belle luminosité parfois aveuglante, pour nous raconter la plus belle des histoires. Elle prend place, durant la période estivale, sur fond de transhumance d’un troupeau de moutons en partance vers l’alpage dans un silence quasi-monacal à peine troublé par les tourbillons du vent sur les collines, le bêlement des brebis, le tintement des sonnailles et les aboiements du chien Patou.
J’ai été subjuguée par les belles descriptions d’une nature verdoyante dans toute sa splendeur avant de me laisser happer par un mélodrame, portant, en toile de fond, sur deux meurtres officiellement non résolus mais sublimant l’amour sincère et touchant de deux amants auxquels on peut tout pardonner et qui ont gagné, au regard de Dieu, le droit de vivre et de s’aimer en toute liberté !
En lisant cet ouvrage, j’ai découvert chez Franz-Olivier Giesbert un talent d’écrivain que je n’aurais peut-être jamais remarqué si je n’avais pas été captivée par le téléfilm, avec dans le rôle principal une merveilleuse Anny Duperey !