Mort subite d’Alvaro Enrigue, c’est un roman comme on en lit peu : un jeu littéraire fulgurant, érudit et joyeusement déroutant. Il commence par un match de tennis entre Caravage et Quevedo, et, à partir de là, tout explose : les époques se télescopent, les figures historiques se croisent, l’Histoire devient un terrain de jeu aussi absurde que fascinant.
Ce que j’ai aimé, c’est cette audace. Enrigue ose tout : mélanger l’art, le pouvoir, la violence, la religion, avec un humour discret mais cinglant. Il écrit comme on peint : à grands gestes, en acceptant le chaos et la beauté. C’est dense, parfois un peu trop, mais toujours vivant.
Par moments, j’ai dû m’accrocher. Le texte est exigeant, labyrinthique, presque capricieux. Mais cette complexité fait aussi sa force : elle nous pousse à lire autrement, à nous laisser porter plutôt que tout comprendre.
En somme, Mort subite est une claque douce. Une œuvre exigeante, brillante, un peu folle — et c’est pour ça que je lui donne un solide 8,5/10. Parce qu’il m’a surpris, bousculé, et qu’au fond, c’est tout ce que je demande à un livre.