Vivez toutes les émotions du cinéma avec Orange

Nietzsche lu par un béotien lambda

Avis sur Par-delà le bien et le mal

Avatar fabricio
Critique publiée par le

Que se passe t'il quand le lecteur du philosophe n'est qu'un simple adolescent lambda pas un bac +92 en lettres avec une cervelle bionique ?
Jeune et curieux, j'ai découvert Nietzsche à 15 ans (que je prononcé alors niche) dans un livre de philosophie de vulgarisation.
Jeune on critique tout. Philosopher avec un marteau ça c'est un truc cool.

Demandez à un adolescent contre quoi il se révolte ? Inlassablement la réponse sera la même:
-« ça dépend vous avez quoi à proposer ? »
Nietzsche critique tout : le christianisme, la morale,.... N'étant pas mélomane, à 20 ans je n'ai pas écouté du black métal, mais j'ai essayé de lire Nietzsche, Cioran et Schopenhauer

Certes j'avais reçu quelques cours de philo en terminal, mais ça s'est révélé vite insuffisant.
En classe nous n'étudions que les philosophes qui ont formé la pensée occidentale (platonico-chrétienne). Ce sont des penseurs qui prennent pour point de départ un modèle de monde tel qu'il devrait être et à coup de métaphysique, une sorte de colle pour philosophe, ils démontrent que le monde idyllique est le monde réel.
Cela aboutit à des réflexions marrantes par exemple : le sophisme célèbre « le travail rend libre ». (Dommage qu' Hegel n'est pas pu voir les temps moderne de Chaplin ni sa phrase inscrite sur Auschwitz)
Au lycée on nous parle de rien d'exotique (les moines du moyen âge n'ont conservé que Platon et les stoïciens de toute façon), ni de les pensée orientale (chine, inde arabe,...), ni les penseurs solitaires,... Va penser par toi même après.

Pour moi le monde et l'homme sont SALES. J'ai donc lu des philosophes qui allaient dans ce sens.

Nietzsche tel un nouveau Nostradamus à annoncer la venue du nihilisme. D'ailleurs comme le célèbre apothicaire il est, lui aussi que très peu compréhensible. Présomptueux voulant étaler sa science, le sage allemand utilise un vocabulaire horriblement complexe. (Pour une partie de jeu du dictionnaire ouvrez Par-delà bien et mal). A lecture d'un aphorisme, le texte est si compliqué qu'on ne sait s'il philosophe, délire ou nous décrit sa recette de cuisine préférée.

Les noms d'oiseau volent pour les non adeptes de sa morale, celle des forts et des puissants: faible, dégénéré, inférieur,... Se faire insulter passe encore, ça donne du style, mais le penseur moustachu reste horriblement élitiste.

Le principe de volonté de puissance est assez intéressant (piqué à Schopenhauer). Avec la théorie de l'évolution se sont les seuls lois que l'homme a découvertes caractérisant le vivant (même les Extraterrestres doivent y obéir). La vie est donc viciée à la base.

Tout le monde peut lire Nietzsche, mais peu d'élus le comprendront.

Nietzsche a le génie de suivre une philosophie ultra simple. Il prêche les valeurs de la vie. (Big moustache est un intellectuel qui suit juste le bon sens et les valeurs des abrutis, c'est ça sa force). Il en découle naturellement qu'il n'existe pas de morale sauf celle des forts. (Dans la nature les hippopotames dominants tuent les enfants des mâles vaincus pour propager leurs gènes à eux).

Bien sûr la philosophie de Nietzsche marche, l'homme est un être vivant donc nous pouvons donc baser la société sur les valeurs des forts. Mais est-ce le seul système qui marche ? L'homme ne possède-t-il pas une raison qui peut lui permettre d'ériger un autre modèle ? 2000 ans de christianisme rendent sa thèse fortement dérangeante.

Le principe du surhomme, moi je le compare au paradoxe de la tortue de Floride (la surhomme des tortues). Si une espèce venait à dominer toutes les autres ça entrainerait un déséquilibre et elle détruirait tout le système écologique avant de se détruire elle-même. Les faibles ont aussi un rôle dans la vie.
Le capitalisme ne connait que la loi du plus fort. La multinationale est-elle à l'artisanat ce que le surhomme est à l'homme ? Là encore les multinationale pour moi ce ne sont que des tortues de Floride. Les entreprises vont devenir de plus en plus grandes pour finalement n'être qu'une poignée. Alors se sera le règne de l'uniformité. Le pillage et le gaspillage des ressources terrestres vont aussi poser de sérieux problème. Les principes de la vie qui amène le surhomme sont paradoxaux car si on les suit à la lettre ont abouti à son suicide.

Je suis désolé de faire de la philosophie de café. J'avais envie d'écrire une critique de Nietzsche (comme ça je me croie intelligent). Mon cerveau pédale dans la semoule et je me pose beaucoup trop de questions.

Je ne parle philo qu'avec des gens mal dans leur peau comme moi. Certains achètent des bouquins uniquement pour impressionner les gonzesses, c'est beaucoup plus sain. (J'ai appris par exemple à un glandeur étudiant en philo que le philosophe Wittgenstein dont il a sorti le livre pour se faire mousser a été dans la même classe qu'Hitler). Les bouquins de philo c'est pour faire beau dans la bibliothèque si on commence à les lire c'est qu'on a des problèmes.

Et vous, avez-vous apprécié la critique ?
Critique lue 2562 fois
15 apprécient · 23 n'apprécient pas

Autres actions de fabricio Par-delà le bien et le mal