Le désenchantement

Avis sur Pour une société meilleure : un programme pour...

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Lorsque Ken Loach, recevant sa seconde Palme d'Or, déclarait « qu'un autre monde et possible et même nécessaire », on ne pouvait pas omettre de rapprocher cette phrase d'un contexte contemporain particulièrement prompt à causer des violences telles que celles que nous vivons ponctuellement. L'univers dans lequel nous (sur)vivons, le monde néolibéral, permet à la fois l'émergence des casseurs et des terroristes, c'est-à-dire en somme, l'expression violente des plus idiots. Ainsi, alors que nous demeurons dans un univers de crise, en ce sens que chaque domaine connaît plus ou moins la sienne, il convient mieux de se poser, de réfléchir par soi-même mais avec l'aide des autres, pour que la réflexion humaine ne soit pas un éternel recommencement, sur ce qu'est et ce que pourrait être notre devenir. À vrai dire, lorsqu'on nous présente certains individus comme l'avenir politique de notre nation, je trouve que notre peuple a bien de quoi sangloter et tenter de se détacher de ce domaine-là. Car non, le droit de vote n'est pas un devoir issu du sacrifice de nos ancêtres pour celui-ci, nos aïeuls sont morts pour la démocratie, et certainement pas pour celle que nous avons-là. Alors in fine, ne pas participer à cette mascarade sera d’une certaine façon se montrer fidèle à leur combat (si l’acte est militant et non désintéressé). Au-delà de ça, j'ai décidé de prendre un temps de réflexion et celui-ci se cristallise autour de ce livre : Pour une société meilleure. Si je ne considère pas tout comme parfait dans cet ouvrage, et loin de là, il a au moins le grand mérite de nous proposer une grille de lecture, une vision systémique du monde, de ce qu'il devrait être, de ce qu'il peut devenir. Ainsi, Galbraith ne manque pas de rappeler une vérité, qui semble échapper à certains, qui veut que l'économique soit au service de la société. Dans cette mesure, l'idéal égalitaire n'est pas atteignable et même néfaste pour une société puisque poussant à l'oisiveté (l'erreur fondamentale de Marx étant la même que celle de Smith, ils sont partis de visions de l'homme erronées, Marx pensant qu'il est de bonne volonté et Smith le voulant rationnel, pour construire des systèmes économiques qui étaient voués à l'échec, et c'est en cela que le système keynésien est supérieur aux systèmes socialiste et libéral). La fin de la bonne société est donc de produire en quantités suffisantes de telle sorte que les individus puissent tous subvenir à leurs différents besoins et cela sans exercer de pression trop forte sur l'environnement et en ne créant pas d'inégalités critiques (un coefficient de Gini s'élevant à 0,2 étant généralement jugé comme le plus raisonnable). C'est alors que pour établir les moyens de cette fin, l'auteur traite tour à tour les questions d'inflation, de déficit budgétaire, de répartition, d'éducation (et c'est la question fondamentale d'une démocratie), de réglementation, d'environnement, d'immigration, d'armement, de bureaucratie et de politique étrangère. L'ouvrage balaye donc large tout en évitant d'assommer le néophyte d'explications complexes et, à ce stade, assez inutiles.

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