Les femmes dans la Grèce moderne sont au cœur des arts. Je ne reviendrai pas sur l'origine du livre ni sur la vie de l'auteur. De fait, mon intérêt se porte davantage sur l'objet, le dit et le dire. Ces seize histoires présentent toutes des femmes grecques. L'auteur forme des brins de narration, des élans avortés. On ne rentre jamais dans la diégése, on reste en surface. On caresse les récits et ce n'est pas désagréable. Au-delà de cela, c'est passionnant : on a la liberté de penser l'œuvre au-delà de ses gonds, la liberté de vouloir plus, mais la réalité d'avoir moins. Ganas met en scène les femmes de la Grèce nouvelle. On pense à la Greek Weird Wave, dont l'éminente Tsangari s'exerce à la représentation féminine.
Tout le mystère se fait dans la pudeur narrative, mais aussi dans l'austérité syntaxique. Il ne fait pas du Proust. Le rythme est très léger et doux. Parfois, il fricote avec l'absurde tant le dire est simple. Ce beckettien utilise des mots pleins de sens ou vides. Cela rend la lecture simple et rapide, on sent un vent sur nous. Celui d'Athènes.