PROFESSEUR RAOULT CONTRE DOCTEUR KNOCK par -Piero-

Avis sur Simulacres et simulation

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Le beau livre de Baudrillard "Simulacre et simulation" vient d'être cité par le professeur Raoult dans un entretien avec André Bercoff sur Sud Radio, l'un des derniers medium qui refuse encore de se laisser asservir par la propagande macronienne omniprésente.

Ecrit en 1978, cet ouvrage éclaire de façon exceptionnelle la situation à la fois grotesque et tragique dans laquelle nous nous trouvons aujourd'hui.

Non que Baudrillard soit un devin, à savoir un charlatan : il est simplement un penseur qui a compris avant les autres à quel point l'irruption de l'informatique et des écrans dans les sociétés humaines était une rupture totale avec au moins les 25 siècles qui nous ont précédés.

On imaginait jusque là le monde, quelles que soient les nuances et les oppositions souvent violentes entre les religions ou les idéologies, à la manière de la Caverne de Platon, un monde dédoublé (voir Clément Rosset "Le Réel et son double"), où la réalité ne serait que le pâle reflet d'un autre monde, plus réel que le réel, une hyper-réalité à laquelle n'auraient accès qu'un petit nombre d'élus, constituant un clergé dominant, religieux ou laïc.

Une caste dirigeante (et non une classe comme l'imagine Marx) qui ne vise que la reproduction et l'extension illimitées de son pouvoir sur "ceux qui ne sont rien" puisqu'ils n'ont pas accès aux Lumières de la Raison ou aux consolations de la Religion, en fait au pognon.

Un clergé imbu de lui-même qui recrute désormais sur les sites Internet des individus aussi malléables et incultes que possible pour y servir de flics et interdire toute forme d'intelligence.

Une représentation du monde qui a bien des défauts, mais possédait la qualité de conserver un minimum de lucidité dans sa folie : si le réel est le reflet imparfait d'un monde transcendantal, au moins les deux mondes entretenaient-ils encore un semblant de relation.

Avec l'informatique et l'image, argentique d'abord, numérisée ensuite, on passe dans une toute autre relation : comme l'a montré, hier, Baudrillard, et, aujourd'hui, Raoult, l'hyper-réalité créée de toutes pièces par les maîtres des écrans, n'a plus rien à voir avec une quelconque forme de réel ni de réalité.

Qu'est-ce que ça change me direz-vous ? Le monde n'a-t-il pas toujours été dirigé par une caste de crétins qui se prenaient pour des dieux ? Certes, mais au moins le pouvoir de ces nuisibles était-il limité par les défaillances de la technique. En Allemagne de l'Est, il n'était pas si simple d'espionner les conversations privées des citoyens. Aujourd'hui, rien de plus facile, n'importe quelle demeurée sous camisole chimique peut le faire en utilisant certains protocoles informatiques.

Tout ça grâce à la "science"...

Mais quelle science ?

Une science autiste, croyant parler au nom du Vrai et du Bien. Une science scientiste, digne des pires heures du stalinisme ou des théories racialistes hitlériennes.

Tant que ce scientisme ne touchait que la physique, la sociologie, la psychologie et autres billevesées, ça ne se voyait pas trop.

Aujourd'hui c'est la médecine qui est concernée, et la mort que l'on avait cru congédier fait son grand retour, et avec elle, le réel.

Oui, nous sommes mortels, non, nous ne sommes pas des dieux.

Le professeur Raoult est passionné par l'épistémologie. C'est quoi, ce truc ? Disons une forme de sens critique par rapport à sa propre activité jamais vraiment "scientifique". De quoi déchaîner tous les cons, tous les bureaucrates de la santé comme de la culture.

Une hyper-réalité qui abolit toute frontière : celle entre le Vrai et le Faux, celle entre le Bien et le Mal, entre le Beau et le Laid. une hyper-réalité nihiliste, sorte d'Atilla du sens.

Tout dépend de la communication : la diffamation n'est plus diffamation si elle réussit, le crime n'est plus crime s'il passe inaperçu, on croirait lire les écrits des jésuites si sévèrement dénoncés par Blaise Pascal, génie et honnête homme en passe d'être mis à l'index par l'imposteur du Vatican.

Et pourtant, au milieu de ce champ de ruines (pas seulement économiques et financières, mais surtout morales et spirituelles), l'espoir luit : un Didier Raoult (quoi qu'on pense de sa personne, je n'ai du reste rien d'un idolâtre, j'admire simplement qui m'est supérieur) se lève, résiste et triomphe face aux menteurs, aux tricheurs et aux corrompus. Cette hyper-réalité fictive est en train de s'effondrer sous les coups de boutoir d'un homme simple, courageux et conscient de son intelligence.

Tout n'est pas foutu.

**-Piero-**

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