ette lecture m’a vraiment ravie. Ça date de 1986, mais ça n’a pas pris une ride ! Il faut dire que l’histoire se passe dans un futur indéterminé, dans un autre système, une autre galaxie. Sur cet archipel de planètes vivent deux types d’humains : les Harmonics et les Wolves (loups). Les premiers sont une sorte de race supérieure, gardiens des arts et des sciences, liés ensemble par une communion télépathique, mais autrement très détachés du monde. Les “Loups”, au contraire, forment la populace, encline au vice et au crime, capable du meilleur comme du pire.

Cidra Rainforest, une Harmonic qui souffre d’un défaut de télépathie, a besoin d’un lift vers une autre planète pour trouver son pouvoir manquant. Teague Severance, un coursier privé, accepte avec réticence de la prendre à bord du Severance Pay. Commence alors une aventure semée d’embûches en compagnie de Fred, qui ressemble à un tapis avec des dents (mon personnage préféré !), à la rencontre d’amis et d’ennemis sur les différentes planètes du système…

Le premier chapitre est d’accès difficile. On est plongé immédiatement dans ce monde qui, s’il rappelle certains aspects du nôtre, n’en est pas moins très bien conçu et remarquablement complet. J’ai toujours peur, lorsque je lis des mélanges de romance et d’autre chose, que l’auteure ne soit pas à la hauteur des standards de “l’autre genre”… Ici, quoique la romance prenne clairement plus de place que dans de la pure science-fiction, j’ai plutôt été impressionnée à quel point Krentz osait nous emmener loin dans la SF.

Du coup, même si l’on peut toujours espérer que Sweet Starfire fasse découvrir et aimer la science-fiction à des amatrices de romance et vice versa, je pense plutôt qu’il va plaire à des personnes qui, comme moi, apprécient sincèrement autant la romance que la science-fiction. Finalement, croiser des genres a souvent pour effet de réduire le public cible. Je me demande si c’est pour cela qu’il n’est pas un favori des lectrices… Parce que du côté de la romance, on aime ou on n’aime pas, mais moi, j’ai adoré !

On a ici droit à un couple du type demoiselle noble/homme rustique. Sauf que la demoiselle, loin d’être une mijaurée précieuse et fragile, possède dès le début un courage et un culot certains, avant de se montrer forte pour deux lorsque Severance est quasi-mortellement blessé… Mais surtout, j’aime les hommes rustiques. Pour une fois, le héros n’est pas plus riche, plus célèbre et mieux placé dans la société que notre héroïne ! De plus, il a beau avoir des pulsions sexuelles très claires (c’est un Wolf, n’oubliez pas !), il se démène pour ne pas les imposer à Cidra, ce qui est d’ailleurs assez drôle…

Enfin, un autre trait digne d’être souligné : il n’est pas un tueur de sang-froid, que le méchant l’ait bien mérité ou pas. J’ai lu parfois que la science-fiction, comme l’historique, permettait de se soustraire davantage au politiquement correct… c’est-à-dire de faire mieux passer des héros « macho » ? Eh bien, tant mieux pour moi, ce n’est pas du tout ainsi que j’ai perçu Severance. Malgré son côté lupin, homme de terrain, je l’ai surtout trouvé sensible et réaliste. Or une bonne romance se caractérise par un bon héros, n’est-ce pas ?
JeanneLaska
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le 10 mars 2013

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JeanneLaska

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