The Bargain par JeanneLaska
Contrairement à ce à quoi l’auteure m’avait habituée, cette romance historique ne contient aucune intrigue à suspense ni aventure extraordinaire. Tout reste finalement assez mondain et placide, à la Mary Balogh (que j’aime beaucoup également). On découvre juste un aperçu de la guerre qui s’est jouée sur le continent (nous sommes en 1815), ainsi que la façon dont étaient soignés les militaires blessés à l’époque. Cela dit, ça n’ôte rien à l’intérêt de l’histoire, d’autant que l’ambiance de ce pays en guerre à l’étranger est bien rendue.
Sans doute influencée par toutes les discussions que j’ai eues au sujet de la romance, je n’ai pas pu m’empêcher de remarquer dans ce roman deux faiblesses potentielles : une sensualité minimale, ainsi qu’un héros trop parfait. En effet, la première scène avec orgasme et/ou pénétration n’arrive que très tard dans le livre, et elle est vite expédiée. En soi, ce n’est pas forcément gênant, d’autant que c’est un historique, toussa… mais qu’est-ce que c’est frustrant ! Car les scènes “hot”, voyez-vous, ce n’est pas pour les chiens. Non, non… c’est pour le bien de l’intrigue.
Notre héroïne, comme toutes les héroïnes de romance, mouille et jouit très facilement. Alors quand le héros décide de la rendre amoureuse de lui, mais qu’il fait tout sauf s’attaquer à son talon d’Achille (la chair), eh bien, la lectrice a la tentation de se taper la tête contre le mur ! Je ne vous dis pas le nombre de fois où j’ai voulu crier au Major : “Mais arrête de la courtiser comme un gentleman, espèce d’idiot ! T’es dans la friend zone, mon gars, faut que t’en sortes à tout prix… Rends-la plutôt folle de désir !”
Une personne que je suis sur Goodreads se plaignait récemment du fait que les héros de Putney étaient insupportablement “honorables”. Sans partager son exaspération, je peux comprendre le raisonnement… On m’avait déjà dit d’un héros de Balogh qu’il était “trop parfait” : eh bien, c’est l’effet que m’a fait Lancaster. Je ne veux pas trop critiquer, parce que pour être honnête, j’aime les héros parfaits. J’aime les hommes honorables et gentlemen, qui sont doués en tout et n’ont pas de défaut. Oui, c’est un fait, puisque je vais en épouser un. Je n’accroche pas à l’idée que l’on puisse être “trop” parfait ; pour moi, une femme mérite le meilleur.
Mais, quand même. Un des beaux coups de l’auteure est de réussir à rendre le héros attachant alors qu’il est sur son lit de mort. Moi aussi, j’avais les larmes aux yeux. Une fois remis et en pleine forme, cependant, c’est vrai qu’il devient presque lisse… C’est comme si l’auteure ne se faisait pas confiance de pouvoir rendre son héroïne amoureuse de quelqu’un de moins bien (paradoxalement, ça nous donne aussi envie de secouer la fille, qui a le mec parfait devant les yeux et n’arrive pas à le voir). En passant, avoir été martyrisé quand on était petit enfant n’est pas un défaut, désolé.
Tout cela étant dit, je ne sais pas si c’est parce qu’il était trois heures du matin et que j’étais fatiguée, mais ce roman m’a donné des coups au cœur au point que j’en avais physiquement mal. Ainsi, malgré une sensualité sous-exploitée et un héros un peu trop parfait, l’émotion est bel et bien au rendez-vous, et notre bonheur de lecture aussi !