Clément Bénech est né la même année que moi, c'est sans doute la raison pour laquelle je suis sa production avec un certain intérêt. On peut ne pas aimer (et d'ailleurs, je ne suis pas sûr d'aimer) mais il a une désinvolture dans l'écriture qui a un son charme :
"Et puis les marginaux ont toujours piqué ma curiosité, sans doute parce que je n'en suis pas un."
C'est le genre de phrase qui lance plutôt bien un bouquin, non ?
Une autre :
Au fond, j'ai l'impression que nous ne sommes plus que des Marco Polo parodiques.
Je lis quelques pages et je me dis que ce n'est pas vraiment bon. C'est censé être une critique des réseaux sociaux, mais en réalité, c'est un bête roman d'amour. Qui fleure un peu l'arnaque par moments. Il n'empêche que ma jalousie est gentiment chatouillée. Je continue, et je dois bien avouer qu'il y a deux ou trois choses pas mal. Lisez-le ou ne le lisez pas, mais Clément Bénech est le genre de type qui ira loin. Il est à l'aise dans le milieu littéraire, vraiment, il s'en tire comme un poisson dans l'eau. Il fait sa propre promo sur les réseaux sociaux, et il met des photos de ses amis dans son bouquin. Le type sympa, parisien à l'aise, presque un peu lisse. Ce qui est étonnant chez lui, c’est qu’il ait l’air si parfaitement normal. On se demande avec quoi il écrit, quels démons il fait étinceler sur le papier. Mais il est comme tout le monde, il doit bien avoir quelques épouvantails dans ses placards. Dans son écriture, il est un observateur honnête de la nature humaine, et il sait parler d'autre chose que de lui-même, ce qui est reposant.
De ce roman en particulier, on peut dire que la fin est dispensable, et qu'il y a quelque chose d'irritant à y voir figurer les photos des ami(e)s de sa petite coterie.