Dans la continuité de ses premiers romans, Clément Bénech signe avec Un amour d'espion un livre divertissant, bien dans l'air du temps, sentimental mais pas trop, à suspense, mais sans excès, bref un divertissement qui n'a d'autre prétention que d'amuser et de faire réfléchir, un peu, à la nouvelle carte du tendre revisitée par les réseaux sociaux. L'intrigue patine parfois, trouvant sa source dans la mission confiée à un ami par une jeune femme amoureuse d'un critique d'art d'origine roumaine, fort mystérieux sur son passé. La mission consiste à suivre cet individu dans ses pérégrinations new-yorkaises et à essayer d'en savoir plus sur ses faits et gestes au pays de Dracula, du temps de Ceausescu. Conversations sur Facebook, photos Instagram, le récit baguenaude sans se prendre trop au sérieux et l'on trouve parfois le temps un peu long. La fraîcheur et la délicatesse que l'on a découvert dans L'été slovène, du même auteur, ne se sont pas évaporées tout à fait mais un peu plus de profondeur n'aurait pas été inutile.