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Notre bonheur collectif est lié aux étoiles

L'astrophysicien Trinh Xuan Thuan va au-delà de la vulgarisation scientifique : il raconte son expérience liée aux observations extragalactiques et nous invite à penser notre existence selon les lois qui régissent l'univers.

Le livre, écrit simplement et humblement, est ponctué de magnifiques photographies, de tableaux, de courtes définitions. L'objectif semble non seulement de rendre la science accessible, mais aussi de provoquer en nous l'émerveillement et d'initier une forme de méditation sur notre place dans l'univers.

Structure et sujets traités

Il s'articule en trois chapitres liés aux temps du travail d'astronomie : Quand la nuit tombe; Au cœur de la nuit; La fin de la nuit.

Le premier chapitre explique les couleurs du couchant, décrit les premières planètes visibles à l’œil nu au crépuscule et expose la relation particulière qu'ont la Terre et sa « fille », la Lune.

Le deuxième chapitre est le plus fourni : astéroïdes, comètes et disparition des dinosaures, constellations, voie lactée, couleurs, dangers et bruits de la nuit, pollution lumineuse. Sur l'humain : son essence (poussière d'étoiles), sa localisation (loin du centre de la galaxie et de l'univers), son impermanence et l'interdépendance de ses composantes.

Le troisième chapitre annonce l'aube, parle des formes possibles de la « fin du monde » sur Terre et du destin de l'univers, décrit les mystères actuels (la matière noire et l'énergie noire), se prononce pour une vie extraterrestre et raconte nos tentatives de communication avec elle. C'est aussi dans ce chapitre que l'auteur explicite sa position pour le principe anthropique selon lequel la vie n'est pas un hasard et aurait été inscrite dès les débuts de l'univers.

« Une nuit » a été mon livre de chevet pendant quelque temps. Je l'ai lu avant de me coucher, il m'a aidé à prendre du recul, à méditer sur ma condition et ma place dans ce monde, à me calmer et à m'endormir.

Les plus beaux passages, à mon avis…


  • Le récit personnel de l'auteur sur les dangers de la nuit, tels qu'il les a vécus au Vietnam, et son soulagement de découvrir que la nuit peut, au contraire, être rassurante et pacifique.

  • Son appréciation des différents silences nocturnes aux observatoires visités (le silence étant si rare, j'ai pu en profiter par procuration).

  • Toutes les sections où il est question de la vitesse de la lumière...


Thuan affirme que le ciel noir au-dessus de nous a longtemps été un mystère pour ses observateurs. Comment se fait-il que, puisque l'univers est infini et rempli d'étoiles, le ciel n'est pas brillant en pleine nuit ?

Pour y répondre, Edgar Allan Poe a avancé l'hypothèse (p. 174) maintenant admise selon laquelle une grande partie des objets célestes sont trop distants pour qu'on puisse en voir la lumière. En effet, la lumière de ces astres ne s'est pas encore rendue jusqu'à nous. Voici ce qu'en dit l'auteur (p. 23) :


C'est ainsi que la lumière nous apporte toujours des nouvelles du passé. Si nous voyons les personnes et les objets qui nous entourent avec seulement une fraction de seconde de retard, le délai pour les étoiles et les galaxies est autrement plus important. […] En d'autres termes, la lumière d'Andromède est partie quand les premiers hommes arpentaient la brousse africaine.


Ce savoir est, plus loin, transformé en une révélation personnelle sur l'observation céleste et la fugacité de la vie humaine  (p. 82-83) :


Cette lumière qui parvient maintenant à mon télescope est partie il y a des millions, voire des milliards d'années, avant même que certains atomes de mon corps n'aient été fabriqués par fusion nucléaire au cœur d'une étoile. J'éprouve toujours un sentiment d'irréalité à l'idée de voir ces objets célestes dans leur passé très lointain. Certains de ces objets peuvent ne plus exister, mais les nouvelles de leur mort n'arriveront sur Terre que bien plus tard, longtemps après ma propre disparition.



  • La section « Notre bonheur dépend de celui des autres » (p. 150-153) où l'auteur explique d'une façon incroyablement poétique comment le principe d'interdépendance des photons s'applique aux relations humaines.



Savoir que nous sommes interdépendants, tous connectés à travers l'espace et le temps, a une conséquence éthique profonde qui touche à notre sentiment de compassion et d'empathie. Le mur que notre esprit a dressé entre « moi » et « autrui » n'est qu'illusion; notre bonheur dépend de celui des autres.


À relire, donc...

Emanu
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