Ça n'est pas tant le décès ô combien ironique de cet écrivain qui portait haut les couleurs de l'anti-impérialisme à cause du Covid19 qui m'a décidée à lire cette compilation de petits textes de commentaires sur l'actualité que, à vrai dire, ma sympathie pour quelqu'un qui faisait bon usage de carnets Moleskine... Et puis, Sepúlveda, c'est une sorte de repère dans la vie de lecture d'une amatrice de littérature latino-américaine. En prime, je l'avais écouté "en vrai" lors d'une rencontre à Auxerre à l'occasion de la publication de Dernières nouvelles du Sud, et, comme tout le monde, j'étais sortie sous le charme de ce conteur jovial et pince-sans-rire, qui savait animer une causerie avec bonhomie et profondeur à la fois. Donc j'ai consacré quelques après-midi ensoleillées à ré-écouter sa voix. L'occasion de me replonger dans les passionnantes années Aznar, qui correspondaient aux années Bush de l'après 11 Septembre. Et aux années Blair ou Berlusconi. On pensait alors avoir touché le fond des populismes vociférants et manichéens; savoir combien on se trompait nous aurait probablement achevés. Écouter, avec le recul, un ancien militant d'Allende, au sens moral aiguisé, étriller ces "grands intellectuels" politiques de l'époque, entre ironie et révolte sourde, est un véritable plaisir. Plus grand que celui de le suivre dans de petites nouvelles pas vraiment abouties, qui ouvrent le recueil. En refermant le livre, on entend encore la voix pleine de camaraderie d'un écrivain qui n'aimait pas trop le terme d'engagé, mais qui fait briller certaines vertus un peu désuètes qu'il fait bon retrouver, tant on a besoin d'être un peu rassuré en ces jours minés par tant de types de corruption qu'on ne sait plus où donner de la tête à l'heure de s'indigner. Les rares allusions qu'il fait à son passé de militant suffisent à lui conférer un crédit dont peu de commentateurs de la vie politiques peuvent se targuer aujourd'hui. Bref, plein de raisons de regretter le décès subit d'un écrivain chilien parfois plus européen que bien des leaders européens...

Le 27 avril 2020

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