La couverture nous indique la chronique du « Figaro » sur ce roman historique de François-Henri Soulié « dans la lignée d’Umberto Eco ». Fichtre ! Voilà qui est un lourd héritage si on le compare au monument qu’était « Le Nom de la Rose », roman à multiples facettes et sommet d’érudition. Il faut rester raisonnable, ce roman est sympathique et se lit de façon agréable mais on est loin d’être renversé quand même. En 1165, en Occitanie, les ouvriers d’un Maître sculpteur, Jordi de Cabestan, sont sauvagement assassinés un à un, leurs cadavres transformés en anges avec des ailes d’oies ou de cygnes fichées dans le dos. Cabestan va se lancer dans l’enquête, bien décidé à venger ses amis. De son côté, Raimon de Termes, jeune chevalier tout juste adoubé, se voit confier l’enquête par l’archevêque de Narbonne. Le chevalier et le sculpteur vont se rencontrer et décider d’unir leurs forces pour découvrir le ou les coupables de ces crimes. L’ambiance de la fin du XIIe siècle est bien retranscrite avec la progression dans toute la région de ce que l’Église Romaine va appeler « l’hérésie cathare », ce que ses adeptes nomment eux la « Vraie Foi », pas mal de seigneurs commençant à se convertir. Les abus de l’Église sont aussi dénoncés. L’auteur s’appuie sur des détails précis comme les descriptions de costumes ou les objets pour rendre crédible son enquête. On est tout de même loin, très loin, du « Nom de la Rose » et Guillaume de Baskerville continue de hanter nos mémoires. Il y a des comparaisons qui ne sont pas forcément des cadeaux.