C’est au Panthéon que Richard Malka contribue à la collection Ma nuit au musée, une série de textes issus des réflexions suscitées par une nuit de solitude d’un auteur dans un lieu qu’il choisit.
Le Panthéon abrite de grands hommes, même si certains sont totalement oubliés, mais l’interlocuteur privilégié de Richard Malka bénéficie encore d’une certaine aura, puisqu’il s’agit de Voltaire. Et qui pourrait mieux que lui permettre de développer une argumentation sur la religion ? Son anticléricalisme est un socle solide pour la discussion, fût-elle unilatérale.
La récupération du concept de Dieu par des religions plus avides de pouvoir que de sauvetage des âmes de leurs ouailles, est un alibi facile pour assouvir un tendance à la violence gratuite, et asservir le peuple.
« Croire en l'existence d'une force supérieure, c'est une chose, vouer sa vie à un Dieu maniaque et tatillon, qui n'aurait rien d'autre à faire que nous emmerder sur nos vêtements, nos repas, et la manière dont dont le dessine, c'en est une autre. Autant se vouer au Père Noël, ou à Atlas portant le monde sur ses épaules. »
Sans bien la besoin d’une spiritualité quelle qu’elle soit, c’est la mainmise des hommes sur ce que le pouvoir confère, en revendiquant une interface auto-attribuée que l’auteur condamne
« Une grande partie de l'humanité a toujours besoin de croire, ce qui permet à des princes, des rois, des ayatollahs hypocrites, des évangélistes millionnaires et des califes psychopathes, d'instrumentaliser ce désir de religion du peuple. C'est l'outil qui leur permet d'assouvir, leur soif de pouvoir, d'argent, de sexe et de domination.
Charlie hante ces pages, dix ans après les attentats, et cette diatribe porte la marque de cet événement si choquant. Richard Malka est d’autant plus légitime pour en débattre qu’il est partie prenante dans l’histoire, en tant qu’avocat de l’équipe décimée.
Cet opus m’a particulièrement intéressé, à la hauteur de ce que Ma nuit au musée de Lola Lafon m’avait fait éprouvé. Une belle démonstration de sagesse.