Etre moche, un attentat ?
Il y a des auteurs comme ça que vous aimez et qui ne vous déçoivent (presque) jamais. A. Nothomb fait partie de mes auteurs "doudous" donc je ne prends jamais trop de risques en la lisant.
Je n'ignore pas tout le foin marketing autour d'elle, que les puristes à la Stendhal vomissent dès qu'ils entendent son nom etc etc etc. Mais moi j'adhère (en tout cas pour celui-ci).
J'aime son cynisme, son esprit tordu, ses personnages originaux qui sortent toujours des sentiers battus. J'aime son côté immoral, abject, ses chutes inattendues, ses confrontations morbides (souvent entre une jeune fille pure et magnifique et un homme, cochez l'option : vieux, laid, sale, pervers, repoussant...). Et j'avoue aussi que ça détend, ça se lit vite et ça se déguste comme un pot Ben&Jerry's devant une comédie girly.
Dans ce roman, on trouve donc Epiphane Otos, l'homme le plus laid de la terre et Ethel, une jeune première du cinéma belle comme le jour. Il tombe amoureux d'elle (logique) et on suit leur relation.
L'histoire gravite donc autour du physique, ce qu'il représente, le regard de la société sur celui-ci, sa perte de subjectivité (à cause de la mode et des médias) et l'hypocrisie qui en découle (dont le fameux "c'est pas le physique qui compte, c'est ce que tu éclaires de l'intérieur"...)
"Tout cela est bien joli, mais pourquoi attendrait-on plus de justice de la part d'Esméralda que de Quasimodo ? Qu'a-t-il fait d'autre, lui, que s'arrêter à l'aspect extérieur de la créature ? Il est censé nous montrer la supériorité de la beauté intérieure par rapport à la beauté visible." P°12