Poète antillais, chantre de la Négritude et cofondateur de la revue Présence Africaine, Guy Tirolien demeure injustement méconnu, éclipsé par la stature de Césaire ou de Senghor. Pourtant, ses poèmes sont de véritables merveilles, d’une profondeur et d’une beauté poignantes. Là où Césaire tonne, Tirolien murmure. Sa parole est plus douce, mais tout aussi lucide, habitée d’une tendresse qui rend la douleur encore plus vive.
Dans Balle d’or, l’enfant qu’il met en scène devient le miroir d’un peuple arraché à ses racines, enrôlé dans les guerres des autres, condamné à porter la mémoire d’une histoire qui ne lui appartient pas mais qu’il doit pourtant réécrire. Tirolien y célèbre la terre, les éléments, l’Afrique et les Antilles, comme pour rappeler que la nature reste la première patrie des déracinés.
Son écriture, limpide et musicale, touche au sacré. Elle évoque la mer, la poussière, la peau et le souffle ; tout ce qui relie l’humain au monde malgré la déchirure. Chaque poème est une strate de mémoire, un battement du cœur noir à travers les siècles.
C’est un recueil qu’on relit sans jamais l’épuiser, tant il recèle de nuances, d’émotions et de vérités enfouies.