Rabo Karabekian, ex-peintre à succès, ex-ami de Jackson Pollock et Mark Rothko, décline lentement dans sa villa qu'il partage avec sa cuisinière, la fille d'icelle, et son ami écrivain bien fada Paul Slazinger. L'arrivée d'une écrivaine à succès va perturber son quotidien morne, et répondre à la grande question : à quoi ressemble le tableau dissimulé dans son hangar à patates ? Est-ce son chef d’œuvre ou une mystification de plus ?
Vonnegut livre une œuvre assez éclatée, et même pollockienne dans sa construction, puisque l'histoire principale (que se cache-t-il, crénom, dans ce hangar à patates ?) est entrecoupée de flashs-backs répartis sur plusieurs temporalités, ce qui rend le livre difficile à suivre, voire confus un peu comme cette phrase si l'on y réfléchit bien.
Mais l'humour corrosif de Vonnegut rend la lecture du roman plus qu'agréable et sous les oripeaux de ce qui aurait n'être qu'une satire un peu vaine se cache un vrai pamphlet contre l'art commercial et ses dérives, mais plus encore, sur les rapports hommes/femmes et la violence exprimée par les premiers à l'égard des secondes.