Alléluia. J'ai réussi à la finir. J'ai plutôt souffert durant les 830 premières pages, et puis sur la fin, c'est devenu agréable à lire parce qu'on changeait enfin de point de vue. On quittait la vision d'un simplet ennuyeux, obsédé par les seins et rien d'autre (sans que ce soit à aucun moment érotique pour le lecteur) pour celle de sa mère. Et purée, ce que j'aurais aimé que le livre soit centré sur elle. Elle a du fond, du caractère, elle a vécu dans sa chair tous les changements de la Chine au 20 ème siècle et ça m'a drôlement plu d'apprendre, l'air de rien, autant de choses sur la grande Histoire. On croit savoir mais en fait, on ne sait rien du monde. La fin des grandes dynasties, la révolution, l'évolution de la condition des femmes, les colonisations successives européennes, américaines, japonaises, la guerre civile, le communisme, le capitalisme, la corruption. Tout ça, on ne le comprend jamais aussi bien que dans les romans, à hauteur d'humains. Là ça se passe au cœur de la campagne chinoise, et on a beau être loin des endroits où les choses se décident, on voit le résultat et on se rend compte que la violence survit à tous les systèmes. C'est un livre super gore, violent envers les faibles, les femmes, les hommes, les animaux... et malheureusement aucun personnage ne vient apporter un peu d'humanité. C'est une succession de moments humiliants où du jour au lendemain, les victimes deviennent bourreaux. C'est quand même étonnant de suivre un narrateur durant presque 50 ans de sa vie sans ressentir la moindre évolution dans sa manière d'appréhender les évènements, sans ressentir la moindre empathie. C'pas humain d'être aussi monocorde. Sinon, c'est plutôt bien écrit mais beaucoup trop long.