« Betty » (1960) est le 152e roman (sur 192), écrit à 57 ans, à Echandens (canton de Vaud, en Suisse) par Georges Simenon (1903-1989). C’est le 99e de ses « romans durs » (sur 117, c’est-à-dire sans Maigret, héros de 75 autres romans). Il a fait l’objet d’une adaptation cinématographique éponyme (1992) par Claude Chabrol (1930-2010) avec Marie Trintignant (30 ans) dans le rôle-titre. A travers Elisabeth Etamble, dite Betty, née Fayet, 28 ans, originaire de Vendée, sans profession et vivant à Paris, avenue de Wagram (une des avenues rayonnantes de la Place de l’Etoile), avec son mari (depuis 6 ans), Guy (35 ans) et ses 2 filles, Charlotte (4 ans) et Anne-Marie (19 mois), Simenon fait le portrait d’une femme marquée par un souvenir d’enfance scabreux. Depuis, elle considère que les femmes sont faites pour être humiliée et que les hommes leur font du mal. Betty ne se considère pas comme une victime et aime être blessée. Elle a voulu être sale comme son père, droguiste. Rejetée par sa famille, elle a sombré dans l’alcool et a échoué dans un bar, « Le Trou », où ses idées vagabondent. Cela rappelle le début du roman « Le fond de la bouteille » (1948) sur le sentiment d’ébriété. Comme d’habitude, avec beaucoup de finesse, Simenon décrit, sans la juger, une femme peu sympathique, qui se complait à faire du mal à son entourage, y compris Laure Lavancher, veuve d’un médecin lyonnais, sans enfants, qui l’aide et l’héberge à l’hôtel Carlton de Versailles, et son mari, aimant et très conciliant.