Court texte d'une autrice nouvellement traduite en français : Cassandra Khaw.
Il s'agit du premier tome d'une série (Persons non grata) qui à ce jour n'en compte que deux, et qui peuvent se lire de manière indépendante. Celui-ci se déroule dans une banlieue de Londres, en présence d'un détective privé qui fleure bon les ambiances de films noirs à l'ancienne (même si aucune année ne nous est livré en pâture pour préciser cette impression).
Contacté par un enfant de onze ans, le privé en question, John Persons (qui donne son nom à la série), est chargé de tuer le beau-père du marmot. Une demande bien singulière, suffisamment en tout cas pour que Persons s'intéresse à cette affaire, sans toutefois promettre de la mener à bien.
Sans rien déflorer du texte, on baigne dans une ambiance très lovecraftienne, le roman assumant son inscription dans la mythologie chtulhienne.
Le texte, pour court qu'il soit, est dur et traite de sujets pénibles (parent abusif, maltraitance, violences conjugales, et je suis sûr que j'en oublie !), sans les cacher sous le tapis. La confrontation est au contraire frontale, sans fard, et c'est une lecture qui remue. Je doute que l'on puisse rester de marbre à sa lecture.
Mythe de Chtulhu et sordides réalités sociales concourent à donner un texte horrifique glaçant, mais brillamment exécuté. Je jetterai volontiers un œil sur le deuxième volet de cette série si j'en ai l'occasion.