« Un polar lovecraftien tortueux et mystérieux à souhait. Un pur régal. »
Voici les mots de Lavie Tidhar trouvable au dos du livre, ce qui pourrait séduire les fans de Lovecraft.
Mais, autant le dire tout de suite, si vous aimez les descriptions et les ambiances de l’auteur de Providence, vous risquez d’être déçus. Mais j’y reviendrais.
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Pour ne pas vous faire une trop longue lecture, je vous laisse ici un lien vers ma critique complète : https://black-word.over-blog.com/2025/08/cassandra-khan-briser-les-os.html
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Pour commencer quelque part, parlons de l’univers.
Celui-ci me parait incertain. À l’évocation de Lovecraft, je m’attendais à cette ambiance des débuts industriels, saupoudrée d’un baroque gothique, que l’on rapprocherait presque d’un début de steampunk mélangée à la joie de vivre d’un polar noir.
Pas vraiment un univers où les voitures ont des fenêtres à manivelle (P76) et où la restauration rapide se commande dans un diner (P62). Et encore moins dans un univers où il existe des voitures Tesla (P21), où une serveuse d’un resto caribéen (P29) peut travailler avec une veste Star Wars (P30) (où une veste aux couleurs d’équipe de sport (P98), allez savoir) dissimulant ses tatouages, pendant que des gamins regardent Peepa Pig (P44) à la télévision.
John nous dit bien que l’histoire se déroule dans Londres du vingt et unième siècle (P21), seulement cela n’aide pas. Dans le sens où je ne vois pas ce qu’apporte ce changement d’époque.
Tout ça pour dire que je ne comprends pas le choix de placer cette histoire au vingt et unième siècle, puisque cela n’apporte rien (à part parler des marques comme « Jimmy Choo », « Armani » (P9) et « Queen size » (P80) par exemple, comme si la maison d’édition se faisait sponsoriser).
Sans transition, passons aux personnages.
Un seul s’avère un minimum intéressant. John Persons, le détective bourru et obstiné. L’on découvre au cours de l’histoire ce qu’il est vraiment, même si le mystère nous est rapidement indiqué (P11), bien que ses intentions personnelles, à part vivre, restent inconnues. Je ne serais pas contre une autre histoire en sa compagnie, ne serait-ce que par curiosité.
(Cela étant, j’ai découvert dans les remerciements (P111) que Carl et Lee, surtout Carl, ont aider à façonner ce personnage. Les parts malfaisantes en revanche n’est que l’imagination de Khaw. Je le jure. Promis.)
Quant aux autres, bien que prenant leurs propres décisions, servent plus à faire avancer l’histoire qu’autre chose. J’aurais bien aimé que certains soient plus développés.
À commencer par le beau-père. Son sale caractère et sa violence au sein de sa famille sont très mis en avant, d’autant qu’il n’hésite pas à battre sa femme en public, moins que son côté révolutionnaire qui aurait pu être intéressant. Cela dit, dans un vingt et unième siècle fait d’i-phones et d’internet (pour ce que j’en sais, ça existe), l’affaire aurait pu se conclure sans détective.
Enfin, il reste la serveuse Sacha. Bien que son homosexualité soit annoncée de façon forcée (P31), elle est toujours bien moins abrupte que celle de Judy Talbot dans l’épisode 5 de la série netflix Sandman. Pour le reste, elle apparaît joyeuse et pétillante avant de devenir plus réservée, pour finalement se montrer plus ambiguë. Malheureusement trop survolé dans cette histoire, bien que sa présence soit suffisante pour notre protagoniste.
Un mot sur la menace de l’histoire qui… et bien… est des plus oubliable.
Bien que sa corruption puisse être intéressante, ce que représente le monstre s’avère ridicule à côté des horreurs innommables présentées par le créateur du mythe. Je pense qu’il est ici bien trop décrit physiquement, bien trop menaçant en tant que simple humain en comparaison de sa vraie nature, en plus d’être bien trop faible (se faire tuer par deux gosses en étant distrait par un autre monstre…) pour susciter une once de peur.
(Surtout qu’il semble y avoir plus de monstres et d’action que d’humains et d’ambiance dans cette histoire.)
Enfin, venons-en à l’écriture.
Là encore, sans surprise, ce n’est pas du Lovecraft. Ce qui est somme toute normal, puisque le livre est écrit par Cassandra Khaw.
Concrètement, j’ai trouvé que son écriture était parfois claire mais souvent bordélique (bien que j’exagère avec ce mot).
J’ai trouvé qu’il y avait trop de formulations maladroites et de tentatives lyriques là où de la simplicité aurait été souhaitable, avec un manque d’exposition à certains endroits, pendant que trop de description apparaissait là où plus d’austérité ou de mystère aurait limité les complications ou instigué plus de frayeur.
Finalement, et malgré l’ampleur de ma critique, je ne dirais pas que ce livre est un échec total.
Khaw souffre de la comparaison avec Lovecraft, pour ainsi dire inévitable en ayant choisi d’écrire une histoire dans son univers.
Mais même sans cela, j’ai eu l’occasion de rester interloqué à plusieurs moments durant ma lecture.
En somme, si vous souhaitez lire une histoire lovecraftienne… il existe déjà Robert Bloch, C. J. Keiflin, August Derleth, Frank Belknap Long, Clark Ashton Smith et Robert E. Howard, par exemple, mais vous pouvez vous faire votre propre avis.
Et si vous cherchez plutôt une histoire avec un homme battant sa femme, je vous recommande « La Vrai Vie », de Adeline Dieudonné.