La première partie du livre retrace les approches et les liens que Bukowski a pu avoir avec la Beat generation et se concentre davantage sur les années 60-70. On découvre que l'écrivain, encore "jeune" n'a eu que peu d'affinités envers un mouvement auquel il a trop souvent été associé. Ginsberg ou kerouac, pas sa tasse. Neal Cassady mis à part, il refuse d'être mêlé à des auteurs comme Burroughs, pour ne citer que lui. Un soupçon d'arrogance de sa part selon moi, car sans les Ferlinghetti et compagnie, il n'aurait sans doute pas eu cette percée notoire, mais il est un fait : sa prose est beaucoup plus fulgurante que nombre des auteurs de la Beat, sans chichis, tel John Fante, son maître en la matière.
La seconde est une admirable "intrusion" toute en délicatesse dans son univers. Jean-François Duval réalise un admirable travail journalistique en s'invitant en 1986 chez les Linda Lee et Henry Charles Bukowski. Il n'est pas un aficionado, il aime l'œuvre de l'écrivain comme il en aime tant d'autres, ile ne triche pas, tout simplement. Ce vieux grigou de Buko, tout d’abord sur ses gardes, se laisse aller à d'étonnantes confessions avec une sincérité des plus déroutantes...
En quatre heures de discussion autour de diverses bouteilles de vins rouges ("le sang des dieux"), Buk en dira plus qu'en de multiples heures d'interview, (hormis avec Barbet Shroeder) exercice qu'il exécrait et jugeait inutile.
Une simple soirée entre potes d'un instant dont JFD sort de poignantes confidences...