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le 9 déc. 2016
SuivreMétaphysique du chocolat
L'étrangeté de vivre rend perplexe, semble dire Alvaro de Campos dans Bureau de tabac. Dans ce poème, il accumule les négations, les négations de négations. Il soumet l'existence au rayons X des...
L'étrangeté de vivre rend perplexe, semble dire Alvaro de Campos dans Bureau de tabac. Dans ce poème, il accumule les négations, les négations de négations. Il soumet l'existence au rayons X des pensées, emboîtées les unes dans les autres comme des poupées russes. Examinons ces pensées à la loupe, au microscope, jusqu'à leur disparition complète. Vous avez dit dérisoire ?
"Je ne suis rien. Je ne serai jamais rien. Je ne peux vouloir être rien. Cela dit, je porte en moi tous les rêves du monde".
"J'ai tout raté. Comme je n'avais aucune ambition, peut-être que ce tout n'était rien".
"J'ai vécu, j'ai étudié, j'ai aimé, et j'ai même cru,
Et maintenant j'envie chaque mendiant pour la seule raison qu'il n'est pas moi (...)
Peut-être n'as tu existé que comme un lézard auquel on a coupé la queue,
Et finalement c'est la queue du lézard qui continue d'exister, et de façon fort agitée !"
Notre ingénieur poète semble déboussolé. Il a tout manqué, a horreur de lui-même, s'autoflagelle. Intoxiqué de négativité, il oscille entre scepticisme et sentimentalité.
"Mange tes chocolats, fillette, mange donc tes chocolats !
Écoute, à part le chocolat, il n'y a pas de métaphysique au monde.
Écoute, toutes les religions n'enseignent rien de mieux que la confiserie.
Mange, petite cochonne, mange !
Ah ! Si seulement j'étais capable de manger des chocolats avec ton naturel !"
Campos jouit de voir ses pensées s'évaporer comme fumées de cigarettes. Il porte tant de masques que certains collent à son visage. Le torticolis de son âme perçoit tout de travers. Métaphysique du chocolat ou de l'absurde ? Salut, Alvaro !
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le 9 déc. 2016
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