Découvert pour m'initier à la littérature sud-coréenne et parce que l'autrice est le premier lauréat du Prix Nobel issu du Pays du Matin Calme, j'ai découvert la tragédie sans cautérisations du Soulèvement de Gwangju (où l'armée menée par la dictature militaire de Chun Doo-hwan a causé la mort de 200 manifestants en 1980).
Derrière l'édification du drame historique, le roman, architecturée en chapitres où chacun s'adresse au lecteur comme s'il était directement le témoin-victime du drame, offre surtout 2 parties marquantes : Sept gifles et Du fer et du sang.
Si le style de Han ne sidère pas d'emblée à la lecture (c'est mon principal regret, à la mesure, en contraste, du Prix Nobel remporté), il offre quelques moments aussi virtuoses qu'épurées dans la composition. Comme ce poème dans la meilleure partie du livre :
"Comme je n'ai pas pu organiser vos obsèques après votre mort, mes yeux qui vous avaient vu sont devenus un temple.
Mes oreilles qui vous avaient entendu sont devenues un temple.
Mes poumons qui avaient respiré votre souffle sont devenus un temple.
Les fleurs de printemps, les saules pleureurs, les gouttes de pluie et les flocons de neige sont devenus un temple.
Le matin qui vient chaque jour et le soir qui vient chaque jour sont devenus un temple."