Celui qui revient de Han Kang est un livre troublant qui raconte avec poésie l’horreur d’un moment tragique qui a marqué la Corée du Sud.
On y suit plusieurs protagonistes qui errent entre les cadavres à la recherche d’un ami tombé sous les balles de l’armée. Ceux qui prennent les armes pour défendre leurs idéaux au prix de leur vie. Ceux qui auraient préféré mourir plutôt que d’être enfermés et torturés en prison. Ceux qui ont survécu et cherchent à vivre de nouveau après le traumatisme. Ceux qui culpabilisent d’être encore en vie, etc. Ce livre est un témoignage. Ce livre leur rend hommage.
Je me suis dit que la mort était peut-être quelque chose de frais comme cet uniforme propre. Si l’été que je venais de connaître était la vie, si le corps souillé de sang, de pus et de sueur était la vie, si les secondes qui ne s’écoulaient pas malgré les supplications, si les moments où, tenaillé par une faim humiliante, je mâchais du soja avarié, c’était la vie, la mort devait être comme un coup de pinceau qui faisait disparaître tout cela.