Polar aux ingrédients dosés mieux qu’à Top chef pour plaire à un panel de lectrices CSP moyen +. Alors donc on a cinq narratrices, chacune ayant une bonne raison de narrer (vous réalisez la virtuosité romanesque ?!!), des meufs forcément victimes, résiliantes, manipulatrices (ah, bien fait pour les mecs !) et of course gay friendly. Alors ça se passe en Ukraine et au Mali… non, j’déconne : à Rome, Florence, Paris, et en Normandie, dans des apparts ou des longères de ouf, mais meublés avec goût, pas du tout nouveau riche. Bref ces femmes ressemblent plus à celles qui sont dans les magazines chez le coiffeur qu’à celles qui les lisent, et ce n’est pas une mauvaise idée ! Les hommes n’ont que des seconds rôles, et là c’est carrément une très bonne idée car ça m’aurait encore plus énervé : déjà qu'y en a un qui écrit un roman intitulé…Chimère ! Oui oui, mesdames et messieurs, y a un mec dans le roman (un cinéaste bi, çui-là), qui écrit un truc appelé Chimère, mais où Julie va-t-elle chercher tout ça ?!!! Bon, courage, encore deux ingrédients : un meurtre, forcément, dont on n’est pas sûr que ç’ait été un meurtre, mais en vrai on s’en fout; et surtout un max de couleur locale à grand renfort de clichés italiens, peut-être piqués dans une brochure d’Evaneos, ou alors élaborée à base de souvenirs de l’autrice, ce qui serait moins pardonnable. C’est quand même dans cette pacotille que j’ai trouvé deux pages de pur plaisir, comme qui dirait la ciliegia profondément enfouie nel panettone : l’audiodescription hilarante de quelques vieux clips italiens, dont “I Want to Now” du sublime Celentano.