C’est un livre très partial, on s’en doute rien qu’au titre. En particulier, le dernier chapitre (« La mort de Byzance ») m’est resté en travers de la gorge, pour plusieurs raisons.

D’abord, parce que l’auteur utilise en 1453 des superlatifs qu’il n’a pas employés pour décrire la prise de Jérusalem en 1099, pourtant réputée autrement plus barbare. Ensuite, parce que certains éléments me paraissent incorects dans sa description du 29 mai. À ma connaissance, les musulmans soumettent les villes rebelles à trois jours de pillage, mais Mehmed l’a interrompu au bout d’un jour et a protégé certains endroits comme Sainte Sophie — or, Heers affirme que Mehmed est retourné à Andrinople pour se débarasser de son grand vizir et a laissé la ville se faire massacrer. Et enfin, je trouve la conclusion intéressante sur la raison d’état l’emportant sur la chevalerie et la solidarité chrétienne, mais elle ne dit quasiment rien sur Constantinople post-1453. À mon avis, Constantinople avant la chute était une coquille vide loin de sa gloire passée, et Mehmed l’a repeuplé et en a fait la splendide capitale d’une civilisation majeure — sa chute n’a pas entraîné sa mort. Bref, l’empire était moribond, l’annexion turque était une bonne chose. Je suis sûre d’avoir raison d’un point de vue économique et démographique, mais j’aurais pu être convaincue d’un point de vue culturel et artistique — mais ce n’est pas vraiment le sujet du livre.

J’ai trouvé la partie sur l’Achaïe intéressante, même si j’ai déjà oublié les subtilités des trois arbres généalogiques concurrents.

Je suis fan d’histoire byzantine puisque c’est une civilisation étonnante et unique en son genre. Mais j’avoue que je connais mal la période des Paléologues couverte par le livre, où l’empire galère et est intimement dépendant de ses voisins et des républiques mercantiles, et ainsi son originalité s'y manifeste moins. Donc j’ai appris des choses en le lisant, mais je l’ai trouvé trop biaisé pour qu’on puisse le mettre entre toutes les mains. Peut-être est-il obsolète, mais je ne pense pas.

HagiaSophiaFaure
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le 22 nov. 2025

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Sophie Faure

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