Cindy_16 est un texte vide, dont le propos ne dépasse que de très peu le résumé en quatrième de couverture. Dès la première page, on comprend que l'auteur n'a rien à dire, une crainte qui se confirme au fur et à mesure du récit, aéré de pages blanches et de chapitres ne comportant qu'une seule phrase.
La prémisse était pourtant intéressante : un narrateur apprend, des dizaines d'années plus tard, que son partenaire dans une relation à la fin de son adolescence, était un pédocriminel déjà en activité à l'époque. Une anecdote que le texte étire à outrance sur plus de 250 pages aux répétitions intempestives, alors qu'à force de fascination malsaine pour sa proximité avec le criminel, le narrateur - sorte de Humbert Humbert inversé - apparaît surtout en quête de se trouver un rôle dans une histoire (glauque) qui n'est pas la sienne (et que nous ne connaîtrons pas mieux que lui, au contraire puisqu'il a décidé de brouiller les pistes comme il aime à dire).
En plus des nombreuses répétitions au sein du texte, la structure des phrases tend à boucler sur elle-même, ce qui fait que l'introduction d'un nouveau mot ou d'une nouvelle expression s'effectue bien (trop) souvent trois fois plutôt qu'une. Cette écriture "Alzheimer", si elle peut parfois amplifier la dimension émotive d'une séquence lorsqu'elle est maniée avec parcimonie et à dessein, ressemble ici davantage à une pénible lenteur d'esprit de celui qui tient la plume et peine à accoucher de son propos in fine toujours aussi creux. Pour comble de l'exaspération, l'auteur prend un immense plaisir à mentionner le titre de son précédent ouvrage, Le compte est bon, et à effectuer des jeux de mot pas du tout subtils avec - j'ai compté environ une dizaine d’occurrences.
On souhaite donc une excellente psychothérapie à l'auteur/narrateur, en espérant que le niveau de ses examens de conscience dépasse un jour la simple désolidarisation "woke" avec son partenaire auteur d'agressions et qu'il arrive à réfléchir au-delà de la peur régressive d'avoir une tâche dans son CV sexuel.
Pour finir, vous l'aurez compris, je déconseille vivement cet ouvrage, qui est une véritable perte de temps et a de toute manière été conçu davantage sur le mode du carnet personnel que du récit (roman dit la maison d'éditions !) visant un quelconque lectorat plus général que l'entourage proche.