L’amour et la mort : sempiternelle alliance, Romain Gary nous emmène dans un voyage onirique, ou l’amour tente de tromper la mort d’une façon étonnante.
Habitué au fouillis ambiant des romans de L’auteur au double Goncourt, on entre dans ce roman avec beaucoup d’interrogation. On comprend aisément la mélancolie des personnages mais par quelles chaîne sont-ils aliénés ? Une fois les personnages bien en place et le ton tragico ironique compris par le lecteur. On assiste à une nuit folle d’amour de tristesse et de questionnement. Nous n’irons pas par quatre chemins, ce roman c’est la question du sens de la vie. Oui rien que ça. Pour préciser, le sens de la vie quand surgit la disparition de l'être cher. Gary d’ailleurs parodie l’immense Isolement de Lamartine “Un seul être vous manque et tout est surpeuplé.”
Michel, un pilote d’avion rencontre une femme, qu’il ne veut plus quitter, à partir de ce moment des personnages étranges et torturés accompagnent le deuil de cet homme qui ne saurait vivre seul cette nuit. Scène parisienne, dîner de famille et chambre à coucher, la nuit sera longue pour les protagonistes. Et pour nous lecteurs, elle sera courte.
La magie de Gary, c’est l’amour du faible. L’homme à terre est son héro, la chute sa symphonie. Humour, plaisir, philosophie et tristesse maniées à la perfection donnent à ce post romantique le talent des poètes maudits et la fougue des romanciers de la grande guerre.