Dans Clôture de l’amour, la langue agit presque comme une force physique. Elle pulse, crée des adhérences, contraint ou libère les corps. Les mots claquent, fragmentent les idées et les émotions, comme si le langage lui-même cherchait à retenir un corps de s’effondrer.
Après avoir lu le texte puis vu la pièce, j’ai été surprise par la tenue de cette langue. Je l’imaginais plus débordée. Sur scène, j’ai découvert au contraire une structure extrêmement maîtrisée. Rien ne semble laissé au hasard : le travail sur la langue est minutieux, presque architectural.
C’est peut-être ce qu’il y a de vertigineux dans ce texte. L’impression qu’il nous appartient, tant il résonne en nous, et qu’il se transforme pourtant dès qu’il passe dans d’autres corps, d’autres voix.
Deux personnes se séparent. Ce motif est simple, presque banal. Mais il agit comme une pierre qui frappe la surface d’un lac avant de sombrer. Ce n’est pas seulement le sujet qui trouble, mais le travail sur la langue lui-même : la manière dont elle frappe, s’enfonce et disparaît, laissant derrière elle le désir infini de la retrouver.