Un premier roman qui forcément s’appuie sur le vécu de l’auteur, lequel est flic (lieutenant de police) dans le 93. « Le Neuf Trois », quoi. L’auteur campe bien ses personnages, la petite bande autour de Coste. On sent que les contours sont là pour poser ces personnages dans de futurs récits.
L’écriture est simple, directe. Les faits exposés sentent le réel et ils s’insèrent dans un environnement dont on sent encore une fois le vécu. L’auteur ne bluffe pas.
Un bon polar donc, à un bémol près : lorsque l’auteur insère deux chapitres où il nous fait suivre le tueur dans sa tâche assassine ; d’une part, ces deux inserts (en rétroaction par rapport à la trame principale) ne sont plus du tout dans le rythme général du livre ; et d’autre part, il y a une sorte de complaisance (malsaine ?) de l’auteur à décrire la violence et le sadisme du tueur. Olivier Norek s’est-il laissé aller vers un mauvais penchant ou bien est-ce un défi d’écriture qu’il s’est lancé pour parfaire le personnage de son criminel ? Ceci dit le personnage en question, ainsi mis sous cette lumière crue, perd de son authenticité et de sa crédibilité : un fils de bonne famille peut-il vraiment basculer à ce point ? Je pense qu’il y a là une faute, un écart maladroit, d’ordre narratif et d’ordre psychologique.
Le genre d’erreur que l’on ne retrouve pas dans les deux romans du même auteur que j’ai lus ( «Surface» et surtout «Les Guerriers de l’hiver ») et qui sont supérieurs à celui-ci. Olivier Norek, un écrivain à suivre.