La découverte de l'auteur français Jaworski commence avec ces deux nouvelles extraites du recueil "Récits du Vieux Royaume" et qui, grâce à leur longueur arrangeante, semble offrir une excellente porte d'entrée à son univers. Drapés d'une fantasy toute en sobriété et discrétion, les deux récits dépeignent deux sortes d'évènements dont les impacts sur leur univers sont diamétralement opposés.
D'un côté, le siège de la cité de Montefellone qui, alors que les rayons du soleil peinent à poindre, charrie le sang d'hommes tombés au combat pour la protéger. Elle suinte de la poussière émanant des impacts de tirs de mangonneau, et se vide lentement mais sûrement de ses habitants. Car Montefellone doit tomber, c'est ainsi. Mêlant un contexte politique complexe et un siège dont la durée ne cesse de s'étaler, le siège doit impérativement se finir au plus vite et amène le protagoniste que l'on suit à effectuer des choix drastiques. Sur une quarantaine de pages à peine, Jaworski dévoile un lexique riche et fourni qui, non content de nous faire défiler les pages à toute vitesse car totalement immergé, nous offre de multiples détails pour laisser notre imagination voguer.
Et cette imagination qui vogue en permanence nous offre une transition toute choisie pour parler du deuxième récit qui rêvet cette fois un aspect moins historique et important pour se complaire dans une histoire racontée au près du feu. Ici, si le lexique était déjà fort fourni et complexe, c'est un véritable festival de mots, un défilé de termes sont nous sommes abreuvés durant notre découverte de l'histoire d'un artiste talentueux et fasciné par une moniale aux yeux verts, nommé Blandin. Son imagination dérive la majorité du temps, mais use de l'enluminure comme d'un pied à terre pour son esprit fasciné par Alma, une jeune fille qu'il n'a jamais oublié et dont il espère un jour savourer les retrouvailles.
Ces deux récits, aux enjeux donc très différents, offre une incursion dans le Vieux Royaume plus que plaisante, qui permet ainsi de cerner le talent indéniable de Jaworski et son amour des mots.