En tant que professeur de philosophie et bon coureur (en moyenne 3 sorties par semaine de 40 min à 2h à 11km/h), ce livre m’intriguait beaucoup et il m'a finalement déçu tout autant. A quiconque voudrait le lire je recommande très fortement de commencer par jeter un œil sur la postface qui clôt l’ouvrage car elle décrit la forme adoptée par l’auteur.
Du point de vue philosophique, je m’attendais au développement rigoureux d’une analyse rationnelle de la course à pied. La distinction opérée dès le début entre marcher et courir semblait augurait du meilleur, malgré un style d’emblée lyrique, presque poétique, voire ampoulé qui n’est pas sans sentir le khâgneux... Justifier la nécessité de cette écriture et de la forme de l’ouvrage par la particularité de l’exercice de la course n’est qu’une justification bien faible. Les références philosophiques ne sont pas développées et restent allusives. Qui les comprendra ? Seuls les philosophes ! Et ils seront déçus de ne pas les voir plus développées car mobiliser le libre jeu des facultés chez Kant, le dualisme cartésien ou le monisme spinoziste ne parlera pas au sportif qui cherche à penser un peu sa pratique pour lui donner un supplément d’âme ! Quant aux chapitres sur les grands coureurs du passé, ils sont très inégaux : certains sont historiquement intéressants (Spyridon Louis, Abebe Bikila), d’autres sont creux (Guy Dru, les deux anglais, Marie-José Perec).
Je regrette d’autant plus la forme de cette écriture que l’auteur a de bonnes intuitions sur ce qui se joue dans la course du point-de-vue de l’expérience subjective du coureur car ses analyses sur la course d’un point-de-vue politique me semblent très insuffisantes (la meute) quant elles ne sont pas fausses (le devenir zombie).
Ni le philosophe coureur, ni le sportif cultivé n’y trouvent donc leur compte… A qui s’adresse ce livre ?

Ybezin
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le 24 août 2015

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