Cyberpunk, de la politologue Asma Mhalla, aux éditions du Seuil qui nous entraîne cette fois-ci dans une analyse de ce bon vieux trumpisme, aka le technofascisme qui ressemble aux formes plus anciennes, mais tellement plus cool, avec les réseaux sociaux de milliardaires psychopathes pour porter des idées bien puantes, faire de la mémétique à balle, ériger la post-vérité en paradigme. C’est le fameux « Projeeet » de l’autre cinglé, nous avons les pieds dedans, et l’autrice nous en dresse un portrait détaillé, faisant du duo Trump/ Musk une version hardcore de Satanas et Diabolo.
C’est tout à fait terrifiant, plus encore lorsque l’on réalise que nous ne sommes pas ici dans une expérience prospectiviste mais bien dans un constat du quotidien, avec la montée des extrêmes, encouragée par des plateformes privées et planétaires, présentées comme inoffensives et divertissantes. Les contestations sont invisibilisées, rendues illégales par des états en perte d’influence, tandis que des maboules veulent nous greffer des puces et partir sur Mars.
Alors en tant que rôliste, le titre fait tout de même tiquer. Cyberpunk, c’est plutôt une certaine contestation d’un système corporatiste, retournant ses armes contre lui-même. Mais en effet, nous filons à grande vitesse vers un proche avenir cyber, où les punks auront été réduit au silence de manière préventive.
Une lecture terrifiante, réellement, mais qu’il est nécessaire d’aborder en toute conscience. Ce n’est malheureusement pas un supplément de jeu de rôle, mais bien l’analyse froide et impitoyable de notre société, devenue totalement folle, et dans laquelle nous sommes comme des souris sous LSD, galopant dans leurs roues.