Assez utile.
Pense-bête bien fait, bourré de chiffre et d'infographies lisibles, pour aller dans le sens d'une écologie de la sobriété.
On déconstruit la notion de PIB, le consumérisme, mais aussi la notion de développement durable, de croissance verte, et les nombreuses objections à l'idée de décroissance.
Le livre est très bon pour dénoncer mais ne creuse pas vraiment les questions que posent l'idée de décroissance : Comment continuer à financer des services publics quand le système a besoin d'une croissance pour tenir sur le long terme ? Il ne pointe pas non plus du doigt tel ou tel politique, et c'est un des principaux reproches que je lui ferai : on ne froisse personne et on mise sur le fait que tout le monde s'éveille à la conscience rationnelle de l'écologie. Nous n'en sommes plus à attendre une solution d'une meilleure éducation de la génération suivante...
Et c'est le souci de ce livre : il mise sur les petits gestes de consomm'acteur de chacun, partant naïvement du principe que les hommes sont de bonne volonté et peuvent aller vers la sobriété du moment qu'on fait correctement leur éducation.
Alors que bon, les coupables sont tout trouvés : le capitalisme rendu fou depuis les années Reagan, ses agents et ceux qui en profitent.
Par ailleurs il accrédite la thèse fausse selon laquelle les batteries des véhicules électriques et les panneaux photovoltaïques ne seraient pas recyclables, ce qui est un mensonge par ignorance ou de la malhonnêteté.
Un livre de plus sur la décroissance, donc. Qui n'en trace que vaguement les contours. C'est un peu comme lire un livre de développement personnel : on se sent mieux mais ça ne sert pas à grand-chose si des actes ne suivent pas.