Bon bon bon... C'est pas mal tout ça.
Je dois dire que je m’y attendais un peu, Bégaudeau est une personnalité que j’aime écouter, que je trouve intéressante et pertinente la plupart du temps sur les sujets qu’il aborde. Bref j’étais confiant lorsque j’ai ouvert le livre pour la première fois.
Je n’ai pas été déçu, au contraire même.
Le plus gros point fort du roman selon moi est la diversité des points de vues qu’il aborde durant tout le récit. Steve et Mike ont un traitement au niveau de la narration qui est, bien que très similaire, reste néanmoins différent. Disons que Steve représente un peu cette profonde banalité, cet homme sans réelle grandeur dans ses idées ou dans ses actions. Évidemment il fait des choses extraordinaires ou du moins peu communes en soit, s’engager à l’armée dans un conflit contre Daesh bah c’est pas rien quand même… Ce que je veux dire c’est que la manière dont il subit les évènements et ses choix sont en total décalage avec ce que serait censé représenter ses genres de choses justement. Il vit tout de façon monotone, sans vraiment être trop impliqué ni trop en retrait. En résumé, il ne fait que vivre. Et c’est principalement montrer grâce au style, un peu simple je dois dire, de Bégaudeau qui va justement proposer un traitement assez clinique et analytique plutôt que émotionnel.
Pour Mike c’est totalement l’inverse. Je ne dis pas que le style pour le décrire est différent, il l’est mais ça se joue sur des petits détails en vérité. Mais par contre le sujet de ce perso s’éloigne totalement de celui de Steve. Là où Steve symbolise l’homme normal, ni trop masculinisé, ni trop atteint, Steve au contraire symbolise la radicalisation.
Pas idéologique, mais on peut pas nier qu’à la fin du livre il commence un peu à vriller. Je sais que Bégaudeau a dit des choses très précises par rapport à cet aspect précis du personnage, des choses qui sont en opposition avec ce que j’écris. Le problème c’est qu’en lisant le livre bah je n’ai pas pu trouver d’autre interprétation. Donc peut-être que je dis de la merde totale.
Sinon un autre point que j’ai aimé et qui fait l’intérêt du livre, bah c’est le flou. Rien n’est affirmé, tout est supposé avec plus ou moins de distance. On ne sait jamais réellement ce qui pousse telle ou telle action de la part de Steve et Mike. Et c’est vraiment bien par rapport au sujet du livre. On est plus sur une analyse sociologique qu’une sorte de torchon réac comme il en existe beaucoup malheureusement sur ces sujets.
Sinon à part ça pas grand chose à dire de plus. Y’a de bonnes idées et de bonnes justifications souvent, bref c’est un bon livre.