Orpailleurs de la littérature nord-américaine, les éditions Toussaint Louverture recueillent une nouvelle pépite de la littérature américaine : de l’or noir.
Écrit dans les années 90, Diables Blancs narre la déchéance d’un couple toxique. Auteur d’un true crime devenu phénomène littéraire, Tom Dunbar n’a pas transformé l’essai : son premier roman de fiction est un échec commercial cuisant qui le laisse sur la paille. A deux doigts de la banqueroute, Tom se laisse convaincre par son épouse, Beth, névrosée au dernier degré, de réclamer une aide financière à son beau-père, un auteur de roman de gare à succès. Le début d’une interminable descente aux enfers dont Tom est le narrateur dans une série de cassettes audio confiée à Jim, un ami écrivain.
Avec Diables Blancs, j’ai eu la sensation de lire un film des frères Coen.
Des personnages qui s’enfoncent à chaque page un peu plus dans leur délirante combine.
Un couple qui s’autodétruit.
Une ironie qui décape.
Et un démontage en règle du milieu intellectuel californien et du rêve américain ; du John Fante sous ecstasy. Pour l’anecdote, les protagonistes de Diables Blancs vivent à quelques encablures de ceux de Mon chien Stupide. Sacré voisinage !
Bref, tous les ingrédients du roman noir sont ici réunis pour faire passer au lecteur un moment tripant.
En outre, la mise en abîme créée par le dispositif narratif est très maligne, le destinataire des cassettes partageant le même patronyme que l’auteur du roman, James Robert Baker. Ce même Baker qui fut mis au ban de la société suite à la publication d’un roman jugé transgressif.
Publié en France à titre posthume, Diables Blancs, qui n’a d’ailleurs toujours pas eu les faveurs d’une édition aux États-Unis, apparaît telle une œuvre défendue sortie de la clandestinité. De l’or noir, je vous dis !