Deux raisons pour moi d'avoir aimé cette lecture : je trouve que tout ce qui s'écrivait à cette époque avait une qualité qu'on cherche un peu vainement dans la littérature contemporaine mais aussi que les chasseurs sont une espèces atteinte de troubles à l'humanité assez graves. Vous pouvez ne pas partager ces biais, mais ils m'ont garanti un moment de détente un peu narquoise bien agréable. Parce que, comme beaucoup d'écrivains, Jules Verne est un conteur chevronné, doublé d'une personnalité attachante. Et aussi parce qu'il épingle bien comme il faut les petits vices pas toujours si véniels des chasseurs avec qui il a eu l'idée saugrenue de partir en équipée. On rit avec lui des vantardises et de la mauvaise foi de ces prédateurs maladroits, tout en essuyant une larme dans la post-face de Jean-Luc A. d'Asciano qui conclut implacablement avec les chiffres contemporains du carnage gratuit qui décime nos forêts (et des enclos...). Bref, un petit récit bien troussé dont j'aurais aimé qu'il débouche sur tout un roman à charge contre les guerriers des bosquets qui s'entretuent par accident et dégomme tout ce qui bouge, y compris les ménagères occupées à étendre leurs draps. Ne prenez pas la peine de me faire remarquer mon absence de neutralité, j'aime mieux les bêtes que les fusils... ^^