Ouvrage nécessaire.
Simondon cherche à créer un médiation avec la technique, que la culture rejette toujours comme étrangère à elle. Ce rejet de la technique, nous dit Simondon, n'est rien d'autre que de la xénophobie, au sens premier de ce mot : "peur de ce qui est étranger".
Pourtant, l'objet technique a ses propres lois d'évolution : il se perfectionne en direction de l'autonomie (et non de l'automatisation, qui est une imperfection puisqu'elle est un manque d'adaptabilité et d'autosuffisance). Dès lors, il faut penser l'objet technique, pour créer avec lui une relation adéquate, plutôt que de fermer les yeux en espérant qu'il disparaisse ou s'adapte à nous.
Notamment, il faut distinguer élément, individu, et ensemble technique, qui sont les trois échelles principales auxquelles peuvent être abordés les objets techniques. Simondon écrit en 1958 qu'il est temps pour l'homme de laisser à la machine la place de l'individu technique porteur d'outil. Les critiques de Marx sont en fait mal avisées : l'homme doit prendre le rôle d'organisateur des machines, il doit devenir l'opérateur des communications entre machines.
À chaque époque son aliénation spécifique, à chaque époque son humanisme. Il faut admirer L'Encyclopédie du XVIIIème, qui a cherché à libérer le savoir, à créer avec l'objet technique une véritable relation. Depuis, l'enjeu s'est déplacé : c'est la Cybernétique qui indique le chemin de la libération de l'homme moderne.
Bref : ne pas avoir peur de ce qui est étranger, mais s'y intéresser, afin de nouer un dialogue fructueux.