Jo Nesbo est un très bon romancier, pas de doute là-dessus. Il sait nous raconter une histoire ici très sombre voire gore à certains moments et nous réserver des surprises aussi qui tiennent en haleine jusqu’au bout. Ce roman est pour l’instant le dernier de la série des Harry Hole mais la dernière scène nous montre que la suite est déjà ouverte. On retrouve Harry perdu à Los Angeles où il s’est enfui pour tenter d’oublier ses démons. Il se noie plus que jamais dans l’alcool et accumule les ennuis. C’est là qu’il rencontre une vieille actrice de second rang qui doit de l’argent à un cartel mexicain. Elle est enlevée et menacée de mort si Harry ne les rembourse pas puisqu’il se porte garant. Pour aider son amie, il accepte l’offre d’un gros pactole que lui offre un magnat de l’immobilier, Markus Røed, l’engageant pour trouver le coupable de deux meurtres de jeunes femmes dont on l’accuse. Voilà donc Harry de retour à Oslo pour y mener son enquête, en parallèle de la police et avec sa propre équipe. La course contre la montre est lancée pour sauver son amie : il lui faut trouver le coupable, quel qu’il soit, un monstre sans scrupule qui se sert de parasites attaquant le cerveau pour contrôler ses victimes. Nesbo sait promener son lecteur y compris dans l’horreur avec quelques scènes de cannibalisme et un suspense habile. La véritable identité du tueur est gardée secrète jusqu’à la fin. L’intrigue à rebondissements dans laquelle Hole se plante à plusieurs reprises (effets de l’alcool ? Vieillissement ???) s’étire juste un peu trop en longueur et aurait pu être un peu condensée (640 pages…). Mais on retrouve avec plaisir cet ex-flic déprimé et alcoolique, poursuivi par des démons tenaces et qui lui font régulièrement perdre pied. Avec une surprise : il découvre dans cet épisode…qu’il est papa (possibilité de rédemption ?).